Biélorussie : le peuple se soulève

Biélorussie : "L'Estaca", un chant catalan devenu cri de ralliement des manifestants

La rédaction de LCI
Publié le 23 août 2020 à 13h28, mis à jour le 23 août 2020 à 15h00
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Source : Sujet TF1 Info

HYMNE - Les manifestations se multiplient en Biélorussie depuis plusieurs jours, après la réélection du président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis vingt-six ans. Une nouvelle mobilisation rassemblait plusieurs dizaines de milliers de personnes ce dimanche. Dans ces protestations, un chant a émergé comme cri de ralliement. Son nom : "L'Estaca".

Depuis le 10 août dernier, au lendemain de la réélection très contestée du président biélorusse Alexandre Loukachenko, en place depuis vingt-six ans, les manifestations se multiplient dans le pays. Ce dimanche, plusieurs dizaines de milliers de manifestants se rassemblaient en Biélorussie mais également dans des pays frontaliers comme la Lituanie, avec notamment une chaîne humaine de 30 kilomètres prévue pour protester contre Alexandre Loukachenko.

Dans ce mouvement de protestations, un chant a été repris comme cri de ralliement des manifestants biélorusses, à l’instar de "Give peace a chance" de John Lennon ou encore "Bella Ciao", entendus dans de nombreuses manifestations dans le monde. Cette fois-ci, le chant en question est catalan et se nomme "L’Estaca" (ndlr : le pieu).

Hymne de Solidarnosc

Comme l’indique Libération, ce titre a été réalisé en 1968 par Lluis Llach et a rapidement été repris par les opposants à la dictature de Franco. Traditionnellement, ce chant était entonné par les spectateurs à chaque fin de concert de l’artiste, qui a, il y a quelques années, décidé de se lancer en politique. Autrefois député du parlement régional de Catalogne, il a notamment soutenu le président destitué de la région, Carles Puidgemont.

Il a également accompagné les militants de Solidarnosc, syndicat interdit en Pologne qui a joué un rôle clé dans l'opposition au régime de la République populaire de Pologne à la fin de l'ère soviétique. A l’époque, le chant avait été traduit en polonais, sous le nom de "Mury" (ndlr : les murs, en polonais) et c’est cette version qui a été reprise par les opposants à Alexandre Loukachenko.

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Un chant entonné aux Etats-Unis, en Tunisie et au Mexique

Le chant a réapparu avant la réélection du président biélorusse, étant entonné par les partisans de Svetlana Tsikhanovskaïa, qui a contribué à faire naître une révolte populaire contre le président en place, avant d’être contrainte de fuir le pays. 

"L'Estaca" a également été entonnée lors de la "révolution de jasmin" survenue en 2011 en Tunisie, notamment grâce à la version arabe "Dima Dima", interprétée par Yasser Jeradi et Lakadjina. Tout comme aux Etats-Unis dans le mouvement des droits civiques ou encore au Mexique, lors de la révolte étudiante de 1968, qui a notamment conduit au massacre de Tlatelolco.


La rédaction de LCI

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