Biélorussie : l'arrestation spectaculaire de l'opposant Roman Protassevitch

Biélorussie : la télévision d'État diffuse des aveux de l'opposant Roman Protassevitch

JV
Publié le 4 juin 2021 à 6h26
Roman Protassevitch

Roman Protassevitch

Source : STR / AFP

INTERNATIONAL - Dans un entretien diffusé par la télévision publique du pays, le journaliste Roman Protassevitch, qui est apparu assez mal à l’aise, a expliqué avoir appelé à des protestations contre le régime d'Alexandre Loukachenko.

Le visage de Roman Protassevitch est à nouveau apparu sur les écrans de télévision en Biélorussie. Jeudi, ce journaliste d’opposition arrêté récemment après le déroutement de son avion, a reconnu sa culpabilité et manifester son souhait de corriger ses erreurs, dans des aveux diffusés sur la chaine de télévision publique biélorusse. 

Ancien rédacteur en chef du média d'opposition NEXTA, qui a joué un rôle clé dans le mouvement de contestation historique au Bélarus en 2020, Roman Protassevitch, visiblement mal à l'aise, affirme avoir appelé à des protestations contre le régime et assure respecter le président Alexandre Loukachenko. Il revendique également vouloir mener une vie tranquille, loin de la politique. 

Des aveux "sous la menace" dénoncés

Ces aveux n’ont pas tardé à faire réagir. L'ONG de défense des droits humains Viasna a dénoncé des propos obtenus "sous la menace". "Tout ce que dira (Roman) Protassevitch aura été obtenu après des menaces, psychologiques au minimum, et sous la menace d'accusations injustes mais très graves dont il est l'objet", a déclaré à l'AFP le directeur de Viasna, Ales Beliatski. Le père du journaliste, Dmitri Protassevitch, a lui aussi estimé que ces aveux télévisés étaient le résultat de "violences, de tortures et de menaces".

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Poursuivi pour "organisation" d'émeutes en Biélorussie, un crime passible de 15 ans de prison, Roman Protassevitch était déjà "passé aux aveux". C’était dans une vidéo diffusée au lendemain de son arrestation alors que des médias indépendants s'inquiétaient de son état de santé. Son amie russe, Sofia Sapega, est également apparue dans une vidéo où elle avoue des crimes.  À chaque fois, l'opposition a dénoncé des enregistrements obtenus sous la contrainte, une pratique utilisée de longue date par le régime d'Alexandre Loukachenko.  


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