Birmanie : un coup d'État et une répression sanglante

Birmanie : la junte menace de mort les manifestants, l'ONU appelle à "arrêter la répression"

La rédaction de LCI
Publié le 22 février 2021 à 13h55, mis à jour le 10 mars 2021 à 10h46
Birmanie : la junte menace de mort les manifestants, l'ONU appelle à "arrêter la répression"

Source : Ye Aung THU / AFP

MENACES - Depuis le putsch le 1er février dernier et l'arrestation de l'ancienne cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi, la tension entre les manifestants prodémocratie et la junte birmane s'intensifie. L'armée a ainsi menacé de mort les manifestants, pour en finir avec "l'anarchie".

Trois semaines après le putsch du 1er février et l'arrestation de l'ancienne cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi, la mobilisation prodémocratie ne faiblit pas. Lundi, des dizaines de milliers de personnes sont ainsi descendues dans les rues de plusieurs villes birmanes pour dénoncer le coup d'Etat militaire, bravant les avertissements de la junte qui menace de recourir à la force létale pour en finir avec "l'anarchie".

Une mise en garde survenue dimanche, après un week-end endeuillé par le décès de trois manifestants, et marqué par les funérailles d'une jeune femme qui avait succombé vendredi à ses blessures. "Les manifestants sont en train d'inciter les gens, notamment les adolescents et jeunes exaltés, à se lancer sur la voie de la confrontation où ils périront", ont averti dimanche soir les autorités dans un communiqué en birman lu sur la chaîne publique MRTV.

640 personnes arrêtées depuis le début du putsch ?

Lundi, les habitants de Rangoun ont pu constater un renforcement des dispositifs de sécurité dans la capitale, avec de nombreux camions de police et de l'armée dans les rues, alors que des barrages ont été érigés dans les rues proches du quartier des ambassades. Des marchés et magasins sont restés fermés à Rangoun et dans d'autres villes, après des appels à la grève générale pour amplifier le mouvement de désobéissance civile.

En réponse aux manifestations, l’armée birmane a déployé un service conséquent de forces de sécurité, ayant notamment recours à des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes, des canons à eau et même parfois à des tirs à balles réelles. Selon l'Association d'aide aux prisonniers politiques, 640 personnes ont été arrêtées depuis le putsch. Parmi les personnes ciblées figurent notamment des cheminots, des fonctionnaires et des employés de banque qui ont cessé de travailler par solidarité avec l'opposition à la junte.

J'appelle l'armée birmane à arrêter immédiatement la répression.

Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU.

Le rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'Homme en Birmanie, Tom Andrews, s'est dit profondément inquiet par ces menaces. "Avertissement à la junte : contrairement à 1988, les agissements des forces de sécurité sont enregistrés et vous devrez rendre des comptes", a-t-il écrit sur Twitter. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a quant à lui appelé l'armée birmane à "arrêter immédiatement la répression".

"Aujourd'hui, j'appelle l'armée birmane à arrêter immédiatement la répression. Libérer les prisonniers. Mettre fin à la violence. Respecter les droits humains et la volonté du peuple exprimée lors des récentes élections", a-t-il demandé dans une vidéo préenregistrée et diffusée à l'ouverture de la 46e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Ce lundi, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne doivent se réunir pour discuter d’éventuelles sanctions.


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