Jair Bolsonaro et l'extrême-droite s'installent à la tête du Brésil

Brésil : Bolsonaro félicite les "guerriers" après un raid policier ayant fait 25 morts à Rio

Justine Briquet-Moreno
Publié le 26 mai 2022 à 7h30
Brésil : Bolsonaro félicite les "guerriers" après un raid policier ayant fait 25 morts à Rio

Source : Sergio Lima / AFP

Le président brésilien Jair Bolsonaro a félicité les "guerriers" ayant participé à une opération policière dans une favela.
L'intervention visant des narcotrafiquants est le deuxième bilan le plus meurtrier de l'histoire de Rio.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a félicité les "guerriers" qui ont mené une opération policière dans une favela du nord de Rio de Janeiro. Bilan de l'opération : 25 morts. "Bravo aux guerriers qui ont neutralisé au moins 20 marginaux liés au trafic de drogue après avoir été attaqués durant une opération contre les chefs d'une faction criminelle", a écrit sur son compte Twitter le chef de l'État dans la nuit du mardi 24 mai. Il s'est notamment offusqué de "l'inversion de valeurs d'une partie des médias", qui "exempte les malfrats de toute responsabilité". 

"La gauche ne veut pas que vous vous rendiez compte de la réalité du trafic de drogue au Brésil"

Jair Bolsonaro, président du Brésil

Le président d'extrême droite a ajouté : "La gauche ne veut pas que vous vous rendiez compte de la réalité du trafic de drogue au Brésil". Selon lui, ses adversaires politiques ont la volonté de diaboliser la police et traitent les criminels comme des victimes et non pas comme des "bandits cruels lourdement armés qui méprisent les lois, oppriment, extorquent, menacent et tuent n'importe qui sans la moindre crainte". Par ailleurs, Jair Bolsonaro s'est ému de la mort d'une "innocente" de 41 ans, une dénommée Gabrielle Ferreira da Cunha, tuée d'une balle perdue chez elle.

 Coutumière de ce genre d'interventions visant des narcotrafiquants, la police militaire assure avoir été accueillie par des tirs alors qu'elle tentait de "capturer des criminels cachés" à Vila Cruzeiro. Selon les autorités sanitaires, deux personnes blessées lors de l'opération sont décédées dans la nuit de mardi à mercredi à l'hôpital. Une autre, mineure, est décédée dans un dispensaire municipal. Aujourd'hui, quatre patients sont encore hospitalisés dans un état grave. Au total, ce sont 25 personnes qui ont perdu la vie suite à cette opération. Face à un tel massacre, le juge de la Cour suprême Edson Fachin s'est dit "très préoccupé"

Le deuxième bilan le plus meurtrier de Rio

En février dernier, la Cour suprême avait déjà ordonné à l'État de Rio de présenter sous trois mois un plan pour lutter contre ce phénomène meurtrier. Un plan qui a été présenté fin mars, mais qui a été jugé trop vague par les associations de défense des Droits de l'Homme. 

L'opération de mardi à Vila Cruzeiro, qui a duré 12 heures, affiche à ce jour le deuxième pire bilan de l'histoire des favelas de Rio. L'an dernier, 28 personnes sont décédées dans un raid dans la favela de Jacarezinho. De nombreux agents avaient été accusés d'exécutions sommaires, mais seuls quatre d'entre eux ont finalement fait l'objet de poursuites judiciaires. Parmi les treize dossiers instruits, dix d'entre eux ont été classés sans suite.

Une enquête sur "d'éventuelles violations des droits de l'Homme"

Dans le cadre de l'enquête sur l'opération de Vila Cruzeiro, le Parquet fédéral a annoncé, ce mardi 24 mai, l'ouverture d'une enquête sur "d'éventuelles violations" des droits de l'Homme. "La situation est extrêmement grave. Les autorités se doivent d'agir immédiatement pour suspendre ces opérations policières et éviter que d'autres personnes soient victimes de cette barbarie", peut-on lire dans un communiqué signé par une vingtaine d'associations, dont Amnesty International.


Justine Briquet-Moreno

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