Brésil : Lula défait Bolsonaro et revient au pouvoir

Brésil : Jair Bolsonaro, l’homme qui ne s’avouait pas vaincu

Publié le 8 janvier 2023 à 23h46, mis à jour le 9 janvier 2023 à 6h39
JT Perso

Source : TF1 Info

Des centaines de manifestants pro-Bolsonaro ont envahi trois hauts lieux du pouvoir dimanche 8 janvier à Brasilia.
Derrière ces émeutes, difficile de ne pas voir l’ombre d’un président qui n’a jamais reconnu officiellement sa défaite.

Il est parfois surnommé le "Trump brésilien". Si pour beaucoup de spécialistes, la comparaison ne vaut pas, force est de constater que le parallèle est inévitable ce dimanche 8 janvier. Une semaine après la prise de fonction de Lula, des centaines de personnes revendiquant la victoire de Jair Bolsonaro ont envahi plusieurs lieux de pouvoir à Brasilia, à savoir le Congrès, la Cour suprême et le Palais présidentiel de Planalto. 

Un silence... puis un recours devant le tribunal

Difficile de ne pas voir derrière ces invasions et ce bref chaos l’ombre de l’ancien président. Bien qu’à cette heure, il n’est strictement pas établi que Jair Bolsonaro soit derrière cette invasion, l'ancien président a constamment jeté de l’huile sur le feu durant la campagne électorale et la période ayant suivi les résultats. 

D’abord, sa défaite le 30 octobre dernier a été suivie d’un long silence de 48 heures. S’il a fini par s’exprimer et accepter la transition, le dirigeant d’extrême droite n’a pas reconnu sur le moment son échec face à Lula. Et a décidé, deux semaines plus tard, de déposer un recours contre le résultat de l’élection, demandant au Tribunal supérieur électoral d’invalider plusieurs centaines de milliers de votes électroniques en faveur de son adversaire.

Brésil : premières images de l'invasion des lieux de pouvoirSource : TF1 Info

C’est que, tout au long de la campagne présidentielle, le camp de Jair Bolsonaro n’a cessé de crier à la fraude et d’accuser en particulier les machines à voter de ne pas garantir la fiabilité du scrutin. Le président battu s’en est régulièrement pris à ce système, selon lui entaché d’irrégularités. Le vote électronique, utilisé au Brésil depuis 1996, est pourtant considéré comme extrêmement sûr. Mais qu'importe, ce complotiste n'a pu que donner du grain à moudre aux Bolsonaristes les plus radicaux. Selon la presse brésilienne, les émeutes de ce 8 janvier auraient été minutieusement discutées et préparées en ligne, à l'image de l'invasion du Capitole aux États-Unis. 

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Après les résultats le 30 octobre, les supporters de Bolsonaro avaient déjà entrepris de bloquer les principales routes du pays et réclamé l’intervention de l’armée. Ces derniers manifestaient aussi régulièrement devant des casernes militaires depuis la défaite du président sortant. 

À Brasilia, l'ordre est revenu peu à peu ce 8 janvier après 19h, heure locale, avec les trois principaux bâtiments repris par les forces de l'ordre. Jair Bolsonaro a fini par condamner du bout des lèvres ces évènements dans la nuit sur Twitter depuis la Floride où il se trouve : "Les déprédations et invasions de bâtiments publics (...) sont contraires à la règle" régissant les "manifestations pacifiques". Dans un autre tweet, il a cependant "rejeté les accusations, sans preuve" de Lula, qui a déclaré que le "discours" de son prédécesseur d'extrême droite avait "encouragé" les "vandales fascistes" ayant envahi les lieux de pouvoir.


Caroline QUEVRAIN

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