Brésil : Bolsonaro juge "inadmissible" l'avortement d'une fillette victime de viol

V. Fauroux
Publié le 24 juin 2022 à 18h38, mis à jour le 24 juin 2022 à 18h46
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Source : TF1 Info

Au Brésil, une enfant de 11 ans a interrompu sa grossesse légalement après avoir été victime d'un viol.
Un geste qualifié d'"inadmissible" par le président Jair Bolsonaro, ce qui fait beaucoup réagir dans le pays.

L'affaire fait grand bruit au Brésil. Le président Jair Bolsonaro a qualifié d'"inadmissible" le fait qu'une enfant de 11 ans ait interrompu sa grossesse légalement après avoir été victime d'un viol, dans un pays où le droit à l'avortement est encore très restreint. 

"Quand on parle de sept mois de grossesse, peu importe comment le bébé a été conçu, ou si l'avortement est légal ou non dans ce cas de figure. C'est inadmissible de tuer cet être sans défense", a déclaré le chef de l'État sur Twitter. "La seule certitude sur cette tragédie, c'est que la fillette et le bébé sont des victimes, des âmes innocentes, qui ne devraient pas payer pour des faits dont elles ne sont pas coupables, mais être protégées (...) du harcèlement des groupes pro-avortement", a-t-il ajouté.

Un combat juridique éprouvant

Le président d'extrême droite a également publié une photo d'une couveuse avec un bébé né prématuré à 25 semaines, quatre de moins que le fœtus de la fillette.

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Cette dernière a finalement pu se faire avorter, au terme d'un combat juridique éprouvant. Un hôpital avait initialement refusé de pratiquer l'avortement, pourtant légal, et une juge l'avait ensuite incitée à y renoncer début mai, en lui suggérant de faire adopter l'enfant, selon la presse brésilienne. 

Au Brésil, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) n'est autorisée qu'en cas de viol, de risque pour la mère ou de grave malformation du fœtus. Dans les autres cas de figure, elle est considérée comme un délit, passible de un à trois ans de prison.

Jair Bolsonaro, 67 ans, élu en 2018 avec l'appui massif des milieux évangéliques, a déclaré à plusieurs reprises que, si cela dépendait de lui, l'avortement ne serait "jamais légal" au Brésil.


V. Fauroux

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