Brésil : tout comprendre au scandale de corruption qui ébranle le pouvoir

Le service METRONEWS
Publié le 30 mars 2016 à 10h05
Brésil : tout comprendre au scandale de corruption qui ébranle le pouvoir

ZOOM - Sur fond de récession économique et de scandale de corruption autour du groupe pétrolier Petrobras, le Brésil est secoué par une crise historique. Metronews passe en revue les raisons de la grogne brésilienne.

Manifestations, mouvement de colère, scandale de corruption, écoutes téléphoniques... Le Brésil est en proie à une crise politique sans précédent. Des manifestations d'indignation ont notamment éclaté mercredi soir dans le pays après la diffusion d'une écoute judiciaire embarrassante pour la présidente Dilma Rousseff et son prédécesseur Lula dont la nomination au gouvernement a été suspendue par la justice ce jeudi. Les députés brésiliens ont donné à Brasilia le coup d'envoi de la procédure de destitution de la présidente de gauche, qui tangue au milieu d'une tempête politique majeure.

Les parlementaires ont élu une Commission spéciale de 65 députés, qui sera chargée de rédiger un rapport préconisant ou non la poursuite de la procédure contre la présidente, accusée par l'opposition de maquillage des comptes publics en 2014, l'année de sa réélection, et début 2015. Tour d'horizon des clés pour comprendre la vague de protestations au Brésil.

  Le scandale de corruption Petrobras
Dimanche 13 mars, trois millions de Brésiliens ont défilé dans tout le pays pour réclamer le départ de la présidente Dilma Rousseff, réélue de justesse en octobre 2014. À l’origine de leur colère, l’affaire Petrobras-BTP, un scandale politico-financier. Les dirigeants de Petrobras sont notamment accusés d'avoir versé des pots-de-vin à des hommes politiques pour se partager des marchés publics. Ces malversations auraient financé des campagnes électorales et arrosé certains politiciens. Parmi les partis mis en cause, le Parti des travailleurs (PT) de Dilma Rousseff et de Luiz Inacio Lula da Silva, son prédecesseur.

 La nomination de Lula au gouvernement
Empêtré dans le scandale de corruption Petrobras, l'ancien président brésilien Lula devait faire son retour au gouvernement dans un rôle de premier plan. Il avait été nommé mercredi 16 mars chef de cabinet du gouvernement de sa successeur Dilma Rousseff. En assumant ce poste, Lula devait échapper à la menace d'un placement en détention par le juge chargé de l'enquête sur le scandale de corruption Petrobras. L'ancien président brésilien du PT est notamment soupçonné d'avoir reçu des sommes importantes et dissimulé un appartement de luxe dans le cadre de ce scandale. Alors que Lula devait prendre ses fonctions ce jeudi, un juge de Brasilia a ordonné sa suspension de l'entrée au gouvernement y voyant une possible entrave à la justice de la part de la présidente Dilma Rousseff.

 Les écoutes téléphoniques
Il fallait éviter à tout prix la case prison pour Lula. C’est ce qu’il ressort d’un enregistrement entre la présidente Dilma Rousseff et son mentor politique, diffusé mercredi soir par un juge fédéral. Le juge Sergio Moro, en charge de l'enquête sur le scandale Petrobras, a rendu publique cette conversation téléphonique entre Dilma Rousseff et Lula . La présidente y informe son prédécesseur (2003-2010) qu'elle va lui faire parvenir rapidement son décret de nomination. "Ne t'en sers qu'en cas de nécessité", lui dit-elle. Cet extrait a été largement interprété comme la confirmation que l'un des objectifs de la nomination de Lula au gouvernement était de le protéger contre un éventuel placement en détention imminent dans le cadre de l'affaire Petrobras.

 ►Dilma Roussef plus que jamais proche de la sortie
Le grand parti centriste brésilien PMDB a fait voler en éclats mardi 30 mars la coalition chancelante de Dilma Rousseff : la direction nationale du parti du vice-président Michel Temer, qui succèdera à la chef de l'Etat si elle est destituée, a officialisé sa "sortie immédiate du gouvernement", appelant ses ministres à en démissionner. Première force parlementaire avec 69 députés sur 513 et 18 sénateurs sur 81, le Parti du mouvement démocratique brésilien était le principal allié de la coalition au pouvoir, dirigée par le Parti des travailleurs (PT, gauche) et faisait partie depuis 2004 du gouvernement. Cet abandon pourrait s'avérer fatal pour Mme Rousseff, 68 ans, très affaiblie par l'embrasement de la crise politique brésilienne au mois de mars, envenimée par le scandale de corruption Petrobras.


 Les manifestations d'indignation
Des milliers de manifestants étaient rassemblés mercredi soir à Brasilia, scandalisés par la publication de cette écoute judiciaire. Quelque 2000 personnes se sont spontanément massées devant la présidence de la République, à Brasilia, pour réclamer la démission de Lula, la destitution de Dilma Rousseff et apporter leur soutien au juge Sergio Moro. Une autre manifestation spontanée a débuté à la nuit tombée dans la capitale économique Sao Paulo, sur la grande avenue Paulista, ainsi qu'à Rio de Janeiro. "Démission !", "Démission !", criaient les manifestants massés au pied du gratte-ciel abritant la puissante Fédération des industries de Sao Paulo (Fiesp).

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