Il y a un peu plus de trois ans, le Royaume-Uni quittait officiellement l'Union européenne.
De récents sondages sont mis en avant pour montrer l'envie croissante qu'auraient les Britanniques de retrouver l'UE.
Attention toutefois aux chiffres qui en sont issus, variables et qui n'incluent généralement pas les indécis.

Après avoir été décriée puis quittée, l'Union européenne est-elle aujourd'hui regrettée par une majorité de Britanniques ? Un récent sondage, relayé et en commenté en ligne, montre un important écart entre les partisans du "stay out" (rester en dehors) et ceux du "rejoin" (y retourner) : 39% contre 61%.

"Le Brexit était une vaste escroquerie politique. Il devient une grande désillusion pour le peuple britannique qui exprime majoritairement son souhait de rejoindre l’Union", lance en réaction Pieyre-Alexandre Anglade, député Renaissance des Français établis à l’étranger et président de la commission des affaires européennes de l’Assemblée. Une analyse qu'il faut toutefois légèrement nuancer. 

L'avis des "sans avis" ne doit pas être occulté

D'où proviennent les chiffres mis en avant par l'élu ? D'une enquête d'opinion réalisée par l'institut Omnisis, dont les résultats ont été présentés vendredi 21 avril. Au total, 1318 personnes ont été sondées, des individus sélectionnés de manière à constituer un échantillon représentatif de la population britannique. Si la méthodologie employée ne semble pas poser de problème, il convient toutefois de se méfier de l'analyse qui est faite des résultats. 

En effet, une lecture des chiffres revient à conclure qu'outre-Manche, plus de 6 personnes sur 10 souhaiteraient désormais que le Royaume-Uni fasse son retour dans le giron de l'UE. Or, ce n'est pas tout à fait ce qu'expriment les sondés. Omnisis fournit deux versions des résultats : une première incluant l'ensemble des sondés, et la deuxième qui exclut les répondants qui n'expriment pas d'opinion sur le sujet. C'est cette seconde version qui est généralement retenue, afin de ne distinguer que les "pour" et les "contre".

Si l'on s'intéresse aux résultats complets, on découvre qu'en réalité, ce sont 49% des répondants qui se disent favorables à un retour dans l'UE. 31% souhaitent en rester à l'écart, tandis que 20% n'émettent pas d'avis sur la question. Soit tout de même un Britannique consulté sur cinq. Par ailleurs, il faut souligner que les sondages similaires réalisés au cours des dernières semaines (la question est récurrente chez nos voisins) n'ont pas mis en avant des écarts aussi importants. Lorsque l'on laisse de côté les indécis, la tendance est plutôt de 56% en faveur d'un retour dans l'UE contre 44% qui y opposés.

Plusieurs éléments sont mis en avant par celles et ceux qui voudraient retrouver l'Europe : baisses des investissements, inflation, manque de main d'œuvre, dépréciation de la livre sterling... Les arguments ne manquent pas, en particulier dans le domaine économique. Délicat à évaluer précisément de manière chiffrée, l'impact du Brexit fait toutefois l'objet d'études, qui tenter d'en mesurer le coût pour les Britanniques. En décembre, le Center for Economic Performance de la London School of Economics, a ainsi estimé que la sortie de l'UE avait déjà "coûté aux consommateurs [...] un total de 5,8 milliards de livres (7,11 milliards de dollars)", sur la seule période 2019-2021. 


Thomas DESZPOT

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TF1 Info