La basketteuse Brittney Griner libérée des geôles russes contre un trafiquant d'armes

Brittney Griner libérée : pourquoi le choix de Joe Biden fait polémique

T.G
Publié le 9 décembre 2022 à 16h37
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Source : TF1 Info

Joe Biden a annoncé jeudi que la basketteuse Brittney Griner, détenue plusieurs mois en Russie, était libérée.
Une bonne nouvelle qui suscite néanmoins une polémique outre-Atlantique, où l'on reproche au président d'avoir, en échange, libéré un marchand d'armes russe, Viktor Bout.

Joe Biden ne s'attendait probablement pas à une telle levée de boucliers en annonçant, jeudi 8 décembre, le retour au bercail de Brittney Griner. La basketteuse, entre les mains de Moscou depuis février après des accusations de trafic de drogue, a été libérée après d'intenses tractations. Seulement voilà : dixit l'opposition républicaine, Washington n'aurait jamais dû relâcher en contrepartie Viktor Bout, un sulfureux marchand d'armes russe. Ni oublier Paul Whelan, un Américain demeurant prisonnier en Russie.

Preuve de l'embarras de la Maison Blanche ? Sa porte-parole, Karine Jean-Pierre, a été assaillie de questions lors de son briefing quotidien. Le démocrate de 80 ans n'a pas pris sa décision "à la légère", a-t-elle assuré, et reste "vigilant" après la remise en liberté de celui qui a été surnommé le "marchand de mort". Reconnaissant que l'échange de prisonniers pouvait "être ressenti dans l'immédiat comme injuste ou arbitraire", elle a expliqué : "Le président (Biden) estimait avoir une obligation morale. (...) C'était soit Brittney, soit personne. Et nous ne nous excuserons pas pour cela".

Un "marché à sens unique" ?

Devant la polémique, la juge Shira Scheindlin, qui avait prononcé la condamnation du Russe, a elle aussi réagi : "Je pense honnêtement que Viktor Bout a passé un temps suffisant en prison pour les crimes qu'il a commis". Et d'ajouter : "Il n'était pas lui-même un terroriste. Il était un marchand d'armes. Il y a des marchands d'armes partout, y compris aux États-Unis et en France". Arrêté en Thaïlande en 2008, il avait écopé d'une peine de 25 ans de prison aux États-Unis, dont il aura purgé la moitié environ.

L'avis de la juge ne semble pas partagé par certains (et nombreux) ténors du parti républicain, à commencer par l'ancien président Donald Trump, qui a dénoncé sur son réseau, Truth Social, un "marché à sens unique", "stupide" et "embarrassant." D'autres, comme la parlementaire républicaine Nicole Malliotakis, soulignent surtout que la transaction ne règle pas le sort d'un autre Américain détenu en Russie depuis quatre ans, l'ancien militaire Paul Whelan : "Un 'Marine' américain est laissé pour compte dans une autre mauvaise affaire conclue par Biden", a-t-elle dénoncé.

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Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a lui souligné que la Russie voulait traiter les deux affaires de manière différente, en raison des "fausses accusations d'espionnage" que Moscou fait peser sur Paul Whelan. Raison de plus, selon la juge Shira Scheindlin, pour exiger également sa libération : "Je ne sais pas s'il a fait ce que (les Russes) disent, mais s'il était effectivement un espion, alors vous auriez eu un espion contre un marchand d'armes, cela semble un peu plus pertinent", estime-t-elle.


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