Dans un nouveau rapport, le service gouvernemental VIGINUM alerte sur l’ampleur des manœuvres de désinformation prorusses.
En tant que soutien de Kiev, la France est particulièrement ciblée, avec plusieurs médias et structures dont l’identité a été usurpée.

Dans un nouveau rapport, diffusé ce 10 juin, le service gouvernemental VIGINUM alerte sur le degré de sophistication d’une campagne de désinformation prorusse, qui "constitue une menace sérieuse pour le débat public et la sécurité nationale française". Surnommée Matriochka, cette campagne semble avoir été lancée en septembre 2023, mais s’est considérablement accélérée et perfectionnée depuis la fin de l’année. 

Les JO 2024 dans le viseur

Concrètement, les acteurs prorusses impliqués dans ces ingérences diffusent des faux contenus et usurpent l’identité de médias pour promouvoir un discours largement anti-Ukraine. C’est ainsi que "la France constitue une cible privilégiée pour les opérateurs de la campagne", prévient VIGINUM, avec des manœuvres visant l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, prévus en juillet à Paris, mais aussi la politique française dans son ensemble. 

Au total, VIGINUM a recensé plus de 500 comptes X différents ciblés depuis le début de la campagne, parmi lesquels figurent une quarantaine de comptes français. On y retrouve des médias et des services de fact-checking, dont TF1 et Les Vérificateurs, comme le détaillait récemment un rapport de l’entreprise de cybersécurité Check First. Mais aussi des comptes d’entités gouvernementales, comme celui de la préfecture du Val-d'Oise.

Euronews et TF1 ont été victimes d'un vol de leur charte graphique par des chaines Telegram prorusses.
Euronews et TF1 ont été victimes d'un vol de leur charte graphique par des chaines Telegram prorusses. - DR

En parallèle, des institutions françaises, telles que la DGSI (les services de renseignement intérieurs), la mairie de Paris, ou encore la Banque de France ont pu être victimes d’usurpation d’identité. "Le 7 février 2024, la campagne Matriochka s’est illustrée par la diffusion d’une vidéo présentée comme un montage réalisé par l’organisation étudiante française d’extrême-droite Groupe union défense (GUD), qui menaçait de ‘brûler la Banque de France’ car cette dernière ‘mentirait’ sur sa solvabilité", documente le service gouvernemental. Voici un exemple de ces faux contenus, nés sur des chaines Telegram russophones et ensuite rediffusés via la technique du copy-pasta (copier-coller), leur permettant une certaine visibilité.  

Dans son rapport, VIGINUM avance également l’hypothèse que les administrateurs de ces canaux Telegram ont pu être rémunérés pour publier des "contenus politiques", de manière coordonnée. Un faisceau d’indices permettant au service gouvernemental de conclure que "les critères d’une ingérence numérique étrangère apparaissent réunis". 

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Caroline QUEVRAIN

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