La Corée du Nord a affirmé vendredi avoir testé un drone d'attaque nucléaire sous-marin.
Son but : déclencher un "tsunami radioactif".
Des experts ont néanmoins émis des doutes sur les capacités de Pyongyang.

Après une année record d'essais d'armes en 2022, la Corée du Nord innove. Pyongyang a affirmé vendredi avoir testé un drone d'attaque nucléaire sous-marin, lequel serait capable de déclencher un "tsunami radioactif". Une menace aussitôt tempérée par des experts en Corée du Sud, mais aussi aux Etats-Unis, lesquels ont émis des doutes sur les capacités de la dictature à élaborer ce type d'armement.

Selon l'agence d'Etat nord-coréenne KCNA, ce nouveau drone peut être déployé "sur toute côte et port ou remorqué par un navire de surface". Son but ? "S'infiltrer furtivement dans les eaux opérationnelles et de produire un tsunami radioactif à grande échelle [...] pour détruire les groupes d'attaquants navals et les principaux ports opérationnels de l'ennemi".

Une information à accueillir "avec scepticisme"

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a personnellement supervisé les essais, selon KCNA. Des images publiées par le quotidien officiel Rodong Sinmun montrent un Kim souriant et ce qui semble être une explosion sous-marine. L'agence a également affirmé que Pyongyang avait tiré mercredi des missiles de croisière stratégiques "équipés d'une ogive d'essai simulant une ogive nucléaire".

Néanmoins, des analystes ont mis en doute les affirmations de la Corée du Nord. L'idée que Pyongyang possède "un drone sous-marin à capacité nucléaire devrait être accueillie avec scepticisme", a estimé le professeur Leif-Eric Easley de l'université Ewha à Séoul. "Les affirmations de Pyongyang concernant un nouveau système d'armement ne sont pas la même chose qu'une démonstration crédible de ses capacités", a-t-il ajouté. Dans un message sur Twitter, l'analyste américain Ankit Panda n'excluait pas que l'allégation de test soit une "tentative de tromperie/opération psychologique".

La Russie aurait également développé une arme similaire - des torpilles Poséidon à capacité nucléaire - mais la maîtrise de la technologie complexe requise pour de telles armes semble encore être hors de la portée de la Corée du Nord, selon des experts. "Pour un drone sans pilote sous-marin indétectable, cela nécessite une technologie de pointe comme des capteurs de contrôle et un radar", a expliqué Choi Gi-il, professeur d'études militaires à l'université de Sangji.

Que l'essai soit avéré ou non, cette nouvelle technologie a un seul but : bomber le torse face à Séoul et Washington. Les deux pays ont en effet renforcé leur coopération en matière de défense, menant du 13 au 23 mars 2023 leurs exercices militaires conjoints les plus importants depuis cinq ans. 

La Corée du Nord considère tous les exercices de ce genre comme les répétitions d'une invasion de son territoire, et a averti à plusieurs reprises qu'elle y répondrait de manière "massive". Vendredi, KCNA a décrit les exercices conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, baptisés "Freedom Shield", comme un exercice visant à "occuper" la Corée du Nord.


T.G.

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