ETATS-UNIS - L'un des organisateurs du rassemblement de Charlottesville s'est exprimé ce dimanche dans le JDD. L'occasion pour ce trentenaire de revenir sur un moment "historique"... et dérouler des propositions extrêmes.

"Nous assistons à un réveil." Fin juin, devant le mémorial d'Abraham Lincoln à Washington, Richard Spencer avait marqué les esprits. C'est là, où Martin Luther King avait prononcé son célèbre discours "I have a dream", que ce pourfendeur du multiculturalisme avait, lui, défendu la mouvance alt-right. Une mouvance à l'œuvre il y a quelques semaines dans les rues de Charlottesville, où une opposante a été tuée par un suprémaciste blanc.

Un moment "historique" selon Richard Spencer. C'est en tout cas ce qu'il assure ce dimanche dans les colonnes du JDD. "Charlottesville a prouvé que nous étions jeunes, éduqués, en majorité des hommes et que nous avancions dorénavant à visage découvert", assure ce trentenaire la plupart du temps cintré dans un élégant costume et coiffé, comme beaucoup de ses compagnons de route : ras sur les côtés, les cheveux soigneusement peignés sur le haut du crâne. 

"L'Amérique a été blanche. Cela peut changer à nouveau"

Dans les colonnes du JDD, le nationaliste assume avec fierté sa popularité grandissante dans la foulée de Charlottesville : "Il fallait que quelqu'un parle. Il y a trois millions de gens qui me suivent, il était temps que j'assume cette responsabilité. Après tout, Napoléon s'est couronné lui-même. C'est ce qui fait l'essence d'un leader. Le maître est prêt à mourir, l'esclave jamais." Un "maître" aux propositions radicales, lui qui défend l'idée d'un "Etat blanc". " C'est une idée visionnaire. Le droit au retour pour tous les Blancs en danger dans le monde sur le modèle d'Israël avec le sionisme. L'Amérique a été blanche. Cela peut changer à nouveau", précise Richard Spencer. Israël par ailleurs visé dans une diatribe ouvertement antisémite : "Ils (ndlr : les Juifs) ont un vrai désir de se répandre partout. Ils veulent changer l'Amérique".

Ce diplômé d'études supérieures est à la tête d'un obscur think tank, le National Policy Institute, qui est né et prospère sur internet et compte parmi ses alliés l'ancien conseiller spécial du président élu Trump, Steve Bannon. C'est d'ailleurs sur Internet que se partagent des vidéos de ses "faits d'armes". Par exemple la réunion de 200 nationalistes blancs, qui s'étaient réunis peu après l'élection de Donald Trump pour fêter sa victoire. Richard Spencer avait fini son discours par les cris "Hail au peuple! Hail notre victoire!", employant le mot anglais équivalent du "Heil" allemand, repris en choeur par l'assemblée et accueilli par des saluts nazis, selon une vidéo mise en ligne par le site The Atlantic. Certains auraient aussi crié "Hail Trump", selon des journalistes présents. 

Avec l'arrivée de Trump à la Maison Blanche, l'alt-right se sent en effet pousser des ailes. En novembre 2016, Richard Spencer a évoqué une "connexion psychique" avec le futur président américain : l'alt-right était une "tête sans corps" et M. Trump "une sorte de corps sans tête" au début de sa campagne, avait-il résumé.


Thomas GUIEN

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