La présidence Donald Trump

Climat : Trump annonce que les Etats-Unis se retirent de l'accord de Paris pour renégocier un "deal équitable"

Fanny Bonjean
Publié le 1 juin 2017 à 21h39, mis à jour le 1 juin 2017 à 22h03
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ENVIRONNEMENT - Le monde retenait son souffle. Après des semaines d'atermoiements, Donald Trump a tranché : les Etats-Unis se retirent de l'accord de Paris, qui les "désavantage", annonce-t-il ce jeudi soir. Il veut toutefois engager de nouvelles négociations.

Plusieurs médias américains avaient annoncé dès mercredi après-midi que Donald Trump allait officialiser le retrait des Etats-Unis de l'accord sur le climat conclu fin 2015 à Paris. Mais le président américain avait ménagé le suspense en prévenant dans un tweet qu'il annoncerait sa décision "dans les jours à venir", puis dans un second message, ce jeudi, qu'il le ferait à 15 heures (21 heures heure française). Le verdict est tombé : "Les Etats-Unis vont se retirer de l'accord de Paris", mais "nous allons commencer à renégocier pour atteindre un deal équitable", a annoncé Donald Trump lors d'une conférence de presse. "Si nous le pouvons, tant mieux, si nous n'y arrivons pas, tant pis."

Donald Trump, qui a estimé que cette décision n'aurait "pas beaucoup d'impact" sur le climat, l'a justifiée par le fait que l'accord issu de la COP 21 "désavantage les Etats-Unis". "Je ne veux rien qui puisse se mettre en travers de notre chemin" pour redresser l'économie américaine, a ajouté le président américain, appelant à un nouvel accord climat "dans des termes justes pour les Etats-Unis". L'actuel n'est pas assez dur avec la Chine et l'Inde, a-t-il jugé.

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Une décision qui résonne comme un coup de tonnerre 8 mois après cet accord historique, dont Pékin et Washington, sous la présidence de Barack Obama ( qui a immédiatement dénoncé le choix de son successeur), furent des architectes centraux. Elle n'est toutefois pas une surprise tant Donald Trump a été hostile au texte dès les premières heures. En pleine campagne pour la présidentielle, il avait déjà fait part de sa volonté de s'en retirer. Et au G7, la semaine dernière, les Etats européens et la France en tête ont tout tenté pour le convaincre de l'inverse. 

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"Concept inventé par les Chinois"

Si Emmanuel Macron soulignait des divergences à ce sujet, il se disait néanmoins optimiste quant à la décision que prendrait Donald Trump. Ce dernier avait pourtant affirmé que cet accord n'était pas bon pour l'économie américaine :  "Nous savons que les niveaux sur lesquelles l’administration précédente s’est engagée seraient très handicapants pour la croissance économique américaine", avait déclaré un conseiller du président américain. 

Il faut ajouter à cela une position très climato-sceptique du locataire de la Maison-Blanche qui avait affirmé pendant sa campagne, que le "concept de réchauffement climatique" avait été inventé par les Chinois "pour empêcher l'industrie américaine d'être compétitive". Depuis son installation à la Maison Blanche, Donald Trump avait toutefois donné des signaux contradictoires, reflets des courants contraires qui traversent son administration sur la question climatique. Le monde américain des affaires s'est en particulier, dans sa grande majorité, prononcé pour un maintien des Etats-Unis au sein de l'accord de Paris. Une douzaine de grands groupes, parmi lesquels le pétrolier ExxonMobil, le géant de l'agrochimie DuPont, ou encore Google, Intel ou Microsoft, avaient pressé Donald Trump de ne pas en sortir. 

Adopté en décembre 2015 par près de 200 pays lors de la 21e Conférence des parties à la convention climat, l'accord de Paris jette les bases d'une maîtrise des émissions de gaz à effet de serre à l'origine des dérèglements climatiques. Il fixe le cadre d'engagements politiques, économiques et financiers visant à contenir la hausse de la température moyenne de la planète "nettement en dessous de 2°C" en 2100 par rapport aux niveaux pré-industriels. En s'en retirant, les Etats-Unis rejoignent le Nicaragua et la Syrie, non-signataires de ces engagements.


Fanny Bonjean

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