3 questions sur la dépénalisation des petites quantités de drogues dures au Canada

Publié le 1 juin 2022 à 16h56
3 questions sur la dépénalisation des petites quantités de drogues dures au Canada

Source : Image d’illustration Devenorr via iStock

La Colombie-Britannique, une province de l'ouest du Canada, a annoncé la dépénalisation de la possession de petites quantités de drogues dures.
Cette exception concernera l'héroïne, la cocaïne, les opiacés et autres drogues dures.

C'est une première au Canada. Ce mardi, le pays d'Amérique du Nord a annoncé la dépénalisation de la possession de petites quantités de drogues dites "dures" dans la province de la Colombie-Britannique, à l'ouest, à sa demande. Les faibles quantités d'héroïne, de cocaïne, d'opiacés et autres drogues dures seront tolérées à compter du 31 janvier 2023, alors que les cas les plus graves sont jusqu'ici sanctionnés par des amendes et des peines d'emprisonnement.

Pourquoi cette mesure a-t-elle été prise ?

Pour la ministre canadienne de la Santé mentale et des dépendances, Carolyn Bennett, cette mesure a été prise pour "sauver des vies". "Pendant trop d'années, l'opposition idéologique" visant à considérer la possession de drogues comme un problème sanitaire a "coûté des vies", a-t-elle justifié, selon des propos rapportés par l'AFP. "Nous faisons aussi cela pour que les personnes qui prennent de la drogue retrouvent leur dignité et leur droit de choisir."

Au Canada, les overdoses liées aux opiacés demeurent un véritable problème de santé publique. En 2021, la province de la Colombie-Britannique a recensé plus de 2200 décès liés aux opiacés, soit six personnes par jour. L'augmentation a été brutale lors de la première vague de Covid-19, au printemps 2020. Le nombre de décès liés aux overdoses y était même supérieur au nombre de morts du coronavirus. Au total, de janvier 2016 à septembre 2021, le Canada a recensé près de 27.000 décès et plus de 29.000 hospitalisations pour des overdoses liées aux opiacés, selon des chiffres du gouvernement.

Quelle quantité sera autorisée ?

Cette mesure, qui entrera en vigueur l'année prochaine pour une durée de trois ans, ne permettra pas tous les excès. Les adultes pourront avoir en leur possession jusqu'à 2,5 grammes de drogues pour leur usage personnel. Au-delà, ils seront sanctionnés.

"Je veux être très clair, ce n'est pas la légalisation", a averti Carolyn Bennett devant la presse. "Nous n'avons pas pris cette décision à la légère." En parallèle, les consommateurs recevront des informations sur l'accès à une aide médicale pour les addictions.

Cette mesure va-t-elle s'étendre ?

La Colombie-Britannique devient la première province canadienne à mettre en place cette dépénalisation. D'autres pourraient suivre, à l'instar des métropoles comme Montréal et Toronto. Toutes deux ont fait savoir qu'elles envisageaient de demander une exemption légale pour les petites quantités de drogues dures.

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Plus au sud, aux États-Unis, l'Oregon avait déjà franchi le pas. En novembre 2020, cet État très progressiste du nord-ouest est devenu la première juridiction d'Amérique du Nord à dépénaliser la possession de drogues dures pour un usage personnel.


Idèr NABILI

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