La colère est toujours vive en Grèce après la collision ferroviaire qui a fait 57 morts le 28 février.
Des manifestants ont défilé avec des pancartes "appelle-moi quand tu arrives" ce mercredi.
Une référence au message envoyé par des mères à leurs enfants lorsqu'ils voyagent dans ce pays où les transports sont souvent obsolètes.

"Appelle-moi quand tu arrives." Dix jours après l'accident de train qui a fait 57 morts en Grèce, la colère ne retombe pas. Et ils étaient nombreux mercredi à brandir ce message, envoyé par des mères à leurs enfants lorsque ceux-ci voyagent.

Des médias grecs ont expliqué que le message était parti du témoignage d'une mère de victime, assurant avoir reçu un coup de fil de son fils de 23 ans qui voyageait à bord du train Athènes-Thessalonique, le 28 février. "Maman, il y a trop de monde dans le train. Je n'ai jamais vu un train aussi bondé. Je t'appelle quand on arrive, viens me chercher", avait alors déclaré le jeune homme, selon le site de l'hebdomadaire LIFO.

"Le message que toutes les mères de Grèce envoient"

Dans un pays où la famille est un marqueur fort de la société, "appelle-moi quand tu arrives" résume "la mentalité des parents en Grèce, en particulier de la mère qui s'inquiète de savoir si son enfant va bien", a expliqué Pinelopi Horianopoulou, une mère quinquagénaire de deux enfants, employée municipale, rencontrée par l'AFP mercredi dans la manifestation athénienne. "C'est le message que toutes les mères de Grèce envoient", renchérit Giota Tavoulari, 58 ans, du syndicat des pharmaciens. "Il est repris partout car il est assez significatif : ces enfants ne reverront pas leurs familles parce que des gouvernements, des entreprises n'ont pas pris soin" des systèmes de sécurité ferroviaire.

En quelques jours, "appelle-moi quand tu arrives" est devenu l'équivalent pour la Grèce indignée du "I can't breathe", le slogan apparu aux États-Unis après la mort en mai 2020 de l'Afro-Américain George Floyd, étouffé sous le genou d'un policier blanc

Dans les cortèges qui ont défilé dans tout le pays mercredi, des banderoles affichaient cette phrase qui s'est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux dans les heures qui ont suivi l'accident de trains. À Athènes, des jeunes en colère ont également scandé : "Envoie-moi un message quand tu arrives. Tu n'es jamais arrivé. Nous allons te venger, petit."

Dans de nombreux établissements scolaires, des élèves du primaire, des collégiens et des lycéens ont disposé au sol des dizaines de sacs à dos de manière à former ce message "pare me otan phtasis", "appelle-moi quand tu arrives" parfois décliné aussi en "envoie-moi un message quand tu arrives".


T.G.

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