Combats au Nagorny-Karabakh : l'Arménie annonce une trêve avec l'Azerbaïdjan

Thomas Guien
Publié le 16 novembre 2021 à 17h20, mis à jour le 16 novembre 2021 à 19h15
Combats au Nagorny-Karabakh : l'Arménie annonce une trêve avec l'Azerbaïdjan

Source : Karen MINASYAN / AFP

L'essentiel

AFFRONTEMENTS - L'Arménie a annoncé mardi soir avoir convenu d'une trêve avec l'Azerbaïdjan avec la "médiation" de la Russie, à l'issue d'une journée d'affrontements entre forces des deux pays près de la région disputée du Nagorny-Karabakh.

Le Nagorny-Karabakh, nouveau théâtre du conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Des combats ont opposé ce mardi les deux pays, qui se disputent à nouveau cette région, un an après une guerre meurtrière. Inquiète devant ce regain de tensions, l'UE a appelé à un "cessez-le-feu total".  C'est finaement la "médiation" de la Russie qui a permis l'adoption d'une trêve en début de soirée, a annoncé l'Arménie.

"Avec la médiation de la partie russe, un accord a été atteint pour mettre fin aux tirs à la frontière orientale de l'Arménie à partir de 18h30", a indiqué le ministère de la Défense arménien dans un communiqué. "La situation s'est relativement stabilisée", a-t-il assuré, tout en précisant qu'un soldat arménien avait été tué mardi dans les affrontements.  Charles Michel, qui dirige le Conseil européen, s'était entretenu, lui, avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian et le président azerbaïdjanais Ilham Aliev. Il avait affirmé dans un tweet que l'UE travaillait avec ces deux pays partenaires à "surmonter les tensions" en vue d'un "Caucase du Sud prospère et stable".

"Les combats se poursuivent"

Une stabilité qui était difficile à entrevoir ce mardi : après plusieurs semaines d'escalade, les deux rivaux avaient franchi un cap. "Une attaque des forces azerbaïdjanaises contre les positions des forces arméniennes a fait des morts et des blessés côté arménien", a déclaré le ministère arménien de la Défense dans un communiqué, sans donner de bilan chiffré. Le ministère a ajouté qu'Erevan avait également perdu le contrôle de "deux positions militaires" dans les affrontements.

L'Arménie a par ailleurs affirmé avoir infligé d'"importantes pertes" humaines aux forces azerbaïdjanaises, ajoutant que "les combats se poursuivent, leur intensité n'a pas baissé". Erevan a affirmé que les forces azerbaïdjanaises utilisaient "de l'artillerie et des armes de différents calibres".

Le spectre d'une reprise du conflit

L'Azerbaïdjan a rejeté mardi la responsabilité des derniers affrontements sur l'Arménie dont les forces se sont "livrées à une provocation de grande ampleur" en attaquant des positions de Bakou dans les districts de Kalbajar et de Latchine, à l'ouest du Karabakh, selon le ministère azerbaïdjanais de la Défense. Ces districts avaient été reconquis par Bakou l'année passée.

Ces affrontements font craindre la reprise d'une sanglante guerre qui a opposé l'an dernier ces deux pays rivaux du Caucase dans l'enclave du Nagorny-Karabakh. Ce conflit de six semaines, qui s'est déroulé à l'automne 2020, a fait plus de 6.500 morts et s'est soldé par une lourde défaite de l'Arménie, contrainte de céder plusieurs régions formant un glacis autour de l'enclave séparatiste. Des soldats de la paix russes y ont été déployés en novembre 2020, dans le cadre d'un cessez-le-feu négocié par Vladimir Poutine. Les deux pays s'étaient également combattus dans les années 1990 pour le Karabakh, conflit remporté à l'époque par Erevan.