Pêche post-Brexit : le torchon brûle entre la France et le Royaume-Uni

Comment sont attribuées les licences pour pêcher au large de l'île britannique de Jersey ?

LT
Publié le 6 novembre 2021 à 21h20
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Source : TF1 Info

BATAILLE DE LA MANCHE - Les négociations se poursuivent entre le Royaume-Uni et la France pour délivrer les licences de pêche. 56 pêcheurs français attendent toujours la leur au large de l’île de Jersey. Les Britanniques font-ils preuve de mauvaise volonté pour attribuer les documents ?

De dizaines de pêcheurs français espèrent décrocher des licences pour pouvoir ramener du poisson des eaux anglaises. Des documents qui autorisent leurs détenteurs à pêcher au large de l’île de Jersey, et sans lesquels il est impossible, pour les pêcheurs français comme anglais, d’y prélever des poissons. C'est ce qu'explique Paul Bizec, un pêcheur britannique. "Quand les autorités nous accostent, même s’ils nous connaissent, ils veulent voir la licence. Tout le temps", témoigne-t-il dans le reportage de TF1 en tête de cet article. 

Pour obtenir ces autorisations, les pêcheurs doivent justifier d’au moins 11 jours de pêche dans la zone entre 2017 et 2019, puis les demandes sont analysées par les autorités. 

Les données peuvent être recueillies grâce au GPS ou à l’aide d’une fiche de pêche, que les pêcheurs de l’île possèdent. En France, elle est obligatoire quelle que soit la taille du bateau. "On indique la date et les zones dans lesquelles on a pêché", montre sur "une vieille page" Jack Baeley, pêcheur anglais.

La seule chose qu’il nous reste à faire maintenant, c’est tricher

Grégory Guida, ministre de l’Intérieur de Jersey

À l’heure actuelle, seuls 113 navires français ont pu obtenir leur licence, tandis que 49 demandes sont toujours en attente faute de données suffisantes. Mais le gouvernement local affirme qu’il fait preuve de bienveillance pour les dossiers français. 

"Certains pêcheurs nous ont envoyé une photo de leur téléphone avec leurs données tracées. Nous avons accepté ça. Nous ne sommes pas difficiles, mais il nous faut des preuves. Nous avons fait tout ce que nous pouvions. La seule chose qu’il nous reste à faire maintenant, c’est tricher, c’est inventer des licences", déclare Grégory Guida, ministre de l’Intérieur de l’île de Jersey. 

D’après les pêcheurs de Jersey, il est impossible de ne pas posséder les informations nécessaires à l'obtention d'une licence. "Ils n’ont peut-être pas d’équipements électroniques, mais ils ont forcément un GPS, un traceur pour savoir où ils pêchent", poursuit Jack Baeley à propos des pêcheurs toujours en attente du document.

Les discussions entre le Royaume-Uni et la France vont se poursuivre la semaine prochaine. Le gouvernement français réclame toujours 56 licences supplémentaires. 

Derrière la bataille politique se cache un enjeu environnemental. Car aucun quota n’a été défini par le gouvernement local concernant le nombre de licences qui peuvent être attribuées, ce qui inquiète les pêcheurs de Jersey. Ces derniers craignent en effet que l’afflux de bateaux français finisse par épuiser des eaux déjà fragilisées. 


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