De nouveaux timbres, émis à partir de vendredi, mettent en scène Ju Ae, la fille du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.
Selon les experts, cela accrédite la thèse selon laquelle la fillette a été désignée héritière.
Cela peut également représenter le point de départ d'un nouveau culte de la personnalité dans ce pays dictatorial.

Bientôt une nouvelle ère en Corée du Nord ? Pyongyang a dévoilé, mardi 14 février, une série de timbres - à paraître officiellement vendredi - honorant le tir d'essai du missile balistique intercontinental (ICBM), en novembre dernier. Sur cinq d'entre eux figurent la fille de Kim Jong Un, apparue en public pour la première fois à cette occasion. L'entreprise de timbres-poste, société d'État locale, a décrit l'enfant comme la "fille bien-aimée" de Kim sur son site web, où les timbres ont été dévoilés, sans la nommer expressément.

Bien que la Corée du Nord ne l'ait jamais officiellement identifiée par son nom, l'agence de renseignement et les analystes de Séoul pensent qu'il s'agit de Ju Ae, le deuxième enfant du dictateur. 

Préparer le terrain ?

Selon certains experts, les apparitions publiques de la jeune fille indiquent qu'elle est en train d'être préparée à devenir le prochain dirigeant du pays. Ces timbres confirment cette hypothèse et le fait que la Corée du Nord a commencé à bâtir un culte de la personnalité autour d'elle, à l'image du reste du clan Kim. Ils semblent marquer le "début officiel de la vie de Kim Ju Ae en tant que successeure de son père", note An Chan-il, un transfuge aujourd'hui chercheur à la tête de l'Institut mondial d'études nord-coréennes, auprès de l'AFP. 

Pour d'autres spécialistes, toutefois, il est encore trop tôt pour spéculer. Kim Jong Un n'est encore âgé que de 39 ans et sa fille de... neuf ans. Le fait que le nom de cette dernière n'ait encore jamais été prononcée officiellement ajoute une part de doute supplémentaire. Professeur à l'université d'études nord-coréennes de Séoul, Yang Moo-jin souligne, à ce titre, qu'à chaque fois qu'un héritier était pressenti en Corée du Nord, le dirigeant en place faisait en sorte que le nom de ce successeur soit connu. "Il est encore très possible que Ju Ae soit juste utilisée (à des fins de propagande) (...) et que le fils aîné de Kim soit en train de se préparer à la succession à huis clos", explique-t-il. Affaire à suivre donc.


M.G avec AFP

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