Regain de tensions entre les deux Corées

Corée du Nord : un missile intercontinental tombe au large du Japon, réunion d'urgence convoquée à l'Apec

A. Lo avec AFP
Publié le 18 novembre 2022 à 7h41
JT Perso

Source : TF1 Info

La Corée du Nord a lancé un missile balistique intercontinental, tombé au large du Japon, vendredi.
En réaction, une réunion d'urgence a été convoquée à l'Apec, le sommet Asie-Pacifique.
Le Japon et les États-Unis ont ensuite effectué un exercice militaire conjoint au-dessus de la mer du Japon, à la suite du tir de missile coréen.

Malgré les avertissements, la Corée du Nord continue de tirer. Dernier en date, un missile balistique intercontinental, tombé au large du Japon. Détecté vendredi par l'état-major sud-coréen "vers 10h15 (02h15 heure de Paris) depuis la zone de Sunan à Pyongyang" en direction de la mer du Japon, il aurait parcouru 1000 kilomètres, selon Tokyo, qui a précisé que les forces japonaises n'avaient pas tenté de le détruire en plein vol.

Rencontre entre Washington et cinq autres pays

Le ministre nippon de la Défense, Yasukazu Hamada, a indiqué que le projectile avait atteint une altitude maximale de 6000 km, et en a déduit qu'il s'agissait d'un "missile balistique de classe ICBM, même si d'autres détails sont en cours d'analyse". Le Premier ministre Fumio Kishida a, lui, ajouté que le missile semblerait être tombé dans la zone économique exclusive du Japon, au large de Hokkaido, la grande île du nord de l'archipel nippon. Le Japon a déclaré que le missile avait la portée nécessaire pour atteindre le continent américain. 

Le Japon et les Etats-Unis ont ensuite effectué un exercice militaire conjoint au-dessus de la mer du Japon, vendredi, à la suite du tir de missile, a annoncé le ministère de la Défense nippon. Les manœuvres militaires ont eu lieu "dans un contexte sécuritaire de plus en plus difficile autour du Japon", a affirmé le ministère de la Défense dans un communiqué.

Ce n'est pas la première fois qu'un projectile nord-coréen finit sa course dans la zone économique exclusive japonaise, ce que le Premier ministre a fermement dénoncé. La Corée du Nord "répète les actes de provocation à une fréquence sans précédent. Nous réitérons avec force que c'est absolument inacceptable", a déclaré Fumio Kishida.

La Maison Blanche a quant à elle condamné "fortement" le tir, qui constitue selon elle "une violation éhontée de multiples résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et fait inutilement monter les tensions et risque de déstabiliser la situation sécuritaire dans la région". En réponse et "pour se consulter", la vice-présidente américaine, Kamala Harris, doit rencontrer ce vendredi 18 novembre les dirigeants du Japon, de la Corée du Sud, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Canada, en marge du sommet Asie-Pacifique à Bangkok, a indiqué un responsable de la Maison Blanche.

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Depuis plusieurs semaines, Pyongyang procède à une rafale sans précédent de lancements, dont celui d'un missile qui est tombé près des eaux territoriales de la Corée du Sud pour la première fois depuis la fin de la guerre de Corée en 1953. Le président Yoon avait dénoncé une "invasion territoriale de facto". Selon Séoul, Tokyo et Washington, ces tirs annonceraient un essai nucléaire imminent de la part de la Corée du Nord.

De son côté, Pyongyang a justifié sa démonstration de force de novembre par l'attitude "agressive et provocatrice" de Séoul et Washington, qui menaient au même moment les plus grandes manœuvres aériennes jamais réalisées jusque-là entre eux, avec notamment des avions furtifs et des bombardiers stratégiques.

En 2017, la Corée du Nord s'était engagé, en vertu de résolutions de l'ONU, à ne plus lancer de missiles balistiques. Mais cet engagement a été rompu en mars dernier. Pour les analystes, le pays de Kim Jong-un se serait enhardi face à la probabilité d'échapper à toute nouvelle sanction des Nations unies en raison des divisions au Conseil de sécurité, où la Chine et la Russie bloquent toute tentative américaine en ce sens.


A. Lo avec AFP

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