L'homme passé clandestinement en Corée du Nord serait un ex-transfuge

La rédaction de LCI avec AFP
Publié le 3 janvier 2022 à 11h41
JT Perso

Source : TF1 Info

FAILLE DE SÉCURITÉ - En dépit d'un dispositif surprotégé et de moyens militaires considérables, une personne venue de la Corée du Sud est parvenue à franchir la "zone démilitarisée" qui la sépare de son voisin, pour entrer en Corée du Nord. Une intrusion mystérieuse et inédite.

Une traversée rarissime dans un no man's land en principe impénétrable. Une personne est entrée en Corée du Nord par voie terrestre depuis le Sud le jour du Nouvel an, a rapporté dimanche 2 janvier l'armée sud-coréenne. Un franchissement inattendu de cette frontière ultra-fortifiée qui sépare les deux pays depuis 1953. L'individu a été détecté, le 1er janvier, par des équipements de surveillance à 21h20 heure locale dans la "zone démilitarisée" (DMZ, de l'anglais "demilitarized zone") qui divise la péninsule coréenne, a indiqué le Comité des chefs d'état-major interarmées de la Corée du Sud.

S'il n'a pas encore été formellement identifié, le ministère de la Défense à Séoul s'est laissé aller à quelques indiscrétions. Il serait un transfuge nord-coréen. "Nous présumons qu'il s'agit du même homme qui a fait défection vers le Sud en escaladant la clôture de barbelés en novembre 2020", a déclaré un responsable à l'AFP. L'individu est âgé d'une trentaine d'années, a ajouté ce représentant.  Il aurait travaillé comme agent d'entretien en Corée du Sud après avoir fait défection, selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap. Aucune preuve d'espionnage n'a toutefois été découverte jusqu'à présent.

Un passage vers le Nord extrêmement rare

Après ce passage du Sud au Nord, une opération de recherche a été lancée par les militaires sud-coréens, sans résultat. Dans le même temps, Séoul a informé Pyongyang de cette entrée clandestine. Le régime de Kim Jong-un a indiqué avoir reçu cette information, mais ne pas avoir donné suite, a déclaré à l'AFP un responsable du ministère de la Défense.

Des années de répression et de pauvreté en Corée du Nord ont conduit plus de 30.000 personnes à fuir vers le Sud au cours des décennies qui ont suivi la guerre de Corée, mais les passages dans l'autre sens sont extrêmement rares. En 2020, des troupes nord-coréennes ont abattu et brûlé le corps d'un responsable sud-coréen de la pêche qui, selon Pyongyang, avait franchi illégalement la frontière maritime.

La grande majorité des Nord-Coréens qui s'échappent se rendent d'abord en Chine avant de se diriger vers le Sud, généralement en passant par un autre pays. Seuls quelques-uns ont osé franchir la DMZ, un couloir d'environ 4km de large et 248 de long truffé de mines et de barbelés, et où la présence militaire est massive des deux côtés, avec des camps militaires et l’artillerie. Les zones jouxtant cette bande de terre surveillée figurent aussi parmi les endroits les plus fortifiés du monde.


La rédaction de LCI avec AFP

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