Corée du Nord : Kim Jung Un veut "renforcer" son arsenal nucléaire

T.G. avec l'AFP
Publié le 27 avril 2022 à 6h33
JT Perso

Source : TF1 Info

Lors d'un défilé militaire, le dirigeant nord-coréen a annoncé l'accélération de son programme nucléaire.
Une menace à l'intention du nouveau président sud-coréen, selon des analystes.
Les pourparlers internationaux sont au point mort.

Vêtu d'un uniforme militaire blanc, le leader nord-coréen Kim Jong Un a assisté à un défilé de chars, de lance-roquettes et de ses plus gros missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) lundi à Pyongyang. Mais ce n'est pas ce qui a retenu l'attention lors de la diffusion de ces images  la chaîne d'Etat KCTV, en différé, ce mardi.  

"Les armes nucléaires, symbole de notre force nationale et au centre de notre puissance militaire, doivent être renforcées en terme de qualité et de portée", a ainsi lancé Kim Jong Un devant ce spectacle militaire, selon l'agence de presse nord-coréenne KCNA. "Nous continuerons à prendre des mesures pour renforcer et développer les capacités nucléaires de notre nation à un rythme accéléré".

Un message en direction de Séoul

Cet avertissement était doublé d'une menace, Kim Jong Un ayant prévenu qu'il pourrait utiliser son arsenal nucléaire si les "intérêts fondamentaux" de son pays se trouvaient menacés. Si ce type d'armes a avant tout un rôle dissuasif, elles "ne peuvent être liées à cet unique objectif", a-t-il dit selon KCNA. Ces propos pourraient s'adresser, selon des analystes interrogés par l'Agence France-Presse au nouveau président élu de Corée du Sud. Le conservateur Yoon Suk-yeol, qui prendra ses fonctions le 10 mai, a promis d'adopter une ligne plus dure face aux provocations du Nord.

"Il est intéressant de noter que M. Kim parle maintenant plus spécifiquement de l'objectif de ses armes nucléaires", selon Yang Moo-jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes. "M. Yoon a menacé de lancer une frappe préventive sur Pyongyang si nécessaire, et M. Kim semble dire indirectement qu'il pourrait avoir à répondre par des moyens nucléaires si M. Yoon allait effectivement de l'avant".  En dépit des sévères sanctions internationales qui pèsent sur la Corée du Nord depuis des décennies, le chef de la junte redouble d'efforts pour moderniser son armée. Depuis le début de l'année, elle a testé des armes interdites et des analystes redoutent une possible reprise de ses essais nucléaires. 

Un possible reprise des essais nucléaires

Les nombreux pourparlers diplomatiques visant à convaincre Kim Jong Un d'y renoncer sont au point mort depuis l'échec, en 2019, d'une rencontre historique avec le président américain Donald Trump. Mardi, les Etats-Unis ont déclaré qu'ils restaient "ouverts à la diplomatie et au dialogue avec la Corée du Nord"  par la voix du porte-parole du département d'Etat Ned Price. 

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Ce dernier a toutefois ajouté que Washington avait "une obligation de répondre aux récentes provocations" nord-coréennes, et notamment aux deux récents lancements de missiles balistiques. Des responsables et analystes américains et sud-coréens estiment que Pyongyang pourrait bientôt reprendre ses essais nucléaires, interrompus depuis 2017.


T.G. avec l'AFP

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