Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

"Les rues sont désertes, c'est l'enfer" : pour les Italiens confinés, le quotidien plombé par le coronavirus

Romain LE VERN
Publié le 9 mars 2020 à 9h02, mis à jour le 9 mars 2020 à 15h45
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

L'essentiel

PAYS FANTÔME - L'Italie, désormais pays le plus touché après la Chine avec 366 décès et 7.375 cas positifs, a placé dimanche un quart de sa population en quarantaine, une mesure inédite en Europe. Un Italien témoigne pour LCI.

C'est une mesure sans précédent en Europe : un quart de la population italienne a été placée en quarantaine dimanche dans le nord du pays. Une décision draconienne, prise par le gouvernement dans un décret signé dans la nuit de samedi à dimanche pour endiguer l'épidémie de coronavirus qui touche désormais plus de 100.000 personnes dans le monde entier. Avec 366 décès et 7.375 cas positifs, l'Italie est devenue le second pays le plus touché, après la Chine ; les autorités ayant également annoncé l'achat de 22 millions de masques.

Ces mesures de confinement, qui dureront jusqu'au 3 avril, couvrent une vaste zone dans le Nord du pays allant de Milan, la capitale économique, à Venise, haut lieu du tourisme mondial. Les déplacements y sont strictement limités, comme nous le confirme Toni, Italien vivant à Maleo, en Lombardie, en pleine "zone rouge infectée" : "Ces deux derniers jours, on a vécu l'enfer, raconte-t-il à LCI. Déjà, les Italiens vivant dans cette zone sont soumis à un traitement strict, même lorsqu'ils n'ont pas contracté le virus : ils doivent prendre leur température deux fois pas jour et se laver le plus souvent possible avec alcool à 90° et savon. Cloisonné, je ne communique avec personne, j'entretiens seulement des discussions virtuelles avec mes parents habitant en France et mes amis, eux aussi confinés. Le père d’une de mes amies a été testé positif, il a 83 ans, et est sous dialyse. Autour, les rues sont désertes, c’est l’enfer". 

"Très préoccupant" pour l'OMS

Parmi les autres mesures drastiques prises dans le décret signé dans la nuit de samedi à dimanche par le chef du gouvernement Giuseppe Conte, les musées, salles de sport, piscines, discothèques, salles de jeux et pubs doivent rester fermés dans toute l'Italie.

Des mesures de sécurité qui impactent considérablement les Italiens au quotidien : "Les bars et les restaurants peuvent rester ouverts, s’ils garantissent au moins un mètre de distance entre les clients, mais les supermarchés sont fermés le week-end", poursuit Toni. "Il est désormais plus pratique de faire ses courses via Internet avec des camions qui livrent sous trois-quatre jours... Et lorsque les courses arrivent, tout doit être désinfecté à l'alcool 90 puis rangé."

Comme un reflet de ce week-end sous tension, "des milanais originaires du Sud de l’Italie ont pris d’assaut samedi soir les trains pour fuir vers le sud", raconte notre témoin et des mutineries ayant fait au moins un mort ont éclaté dimanche dans quatre prisons italiennes après la suspension des visites familiales. 

La propagation accélérée du virus est jugée "très préoccupante" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) : au total, 95 pays sont désormais touchés par le Covid-19, qui a fait plus de 3.500 morts à travers le globe. Rien qu'en Italie, plus de 1247 cas ont été répertoriés au cours des dernières 24 heures ainsi que 36 nouveaux décès, portant le nombre de morts à 233. Le gouvernement italien a décidé l'envoi de 20.000 personnes en renfort dans ses hôpitaux, ce qui permettra de porter de 5000 à 7500 le nombre de lits en soins intensifs. 

Dans le monde, les populations se ruent sur les masques, désinfectants, gants ou combinaisons, seuls remparts connus contre le virus, en l'absence de vaccin.