INNOVATION - L’agence indienne du médicament a délivré, le 20 août, une autorisation d’utilisation d’urgence d'un vaccin en trois doses, à base d'ADN, développé par une société indienne.

Après les vaccins à ARN messager, voici ceux utilisant des briques d'ADN. La société indienne Zydus Cadila a développé un vaccin, nommé ZyCov-D, fonctionnant avec des plasmides – des molécules d’ADN circulaire – contenant la séquence du principal antigène du virus SARS-CoV-2, la protéine Spike (S). L'objectif est toujours le même : stimuler la production d'anticorps par le système immunitaire.

Administré en trois doses, espacée chacune de vingt-huit jours, ce nouveau vaccin utilise une approche qualifiée de "vaccin de troisième génération" par certains experts. Selon la BBC, une étude intermédiaire a prouvé une efficacité à 66% pour prévenir les formes symptomatiques du Covid-19.

Qu'est-ce qu'un plasmide ?

Un plasmide est une molécule d'ADN circulaire séparée des chromosomes et se répliquant de manière autonome. Le vaccin indien ZyCoV-D utilise ces plasmides pour stimuler la production d'anticorps contre la "protéine de pointe" que le virus utilise pour s'accrocher et pénétrer dans les cellules humaines. Un fonctionnement similaire aux vaccins à ARN, ces derniers diffèrent néanmoins dans le véhicule génétique servant à stimuler la production d'anticorps par l'organisme.

Selon la BBC, il existe déjà dans le monde de nombreux vaccins à ADN utilisés pour les animaux notamment. Problème, ceux-ci se sont révélés inefficaces dans la production d'immunité durable chez les humains. Selon le docteur Jeremy Kamil, un virologue de l'université de Louisiane interrogé par la BBC, "les vaccins à ADN plasmidique ont été essayés dans le passé. Mais nous savons qu'il est très difficile d'introduire de l'ADN plasmidique dans le noyau des cellules humaines, en particulier chez les adultes".

Les vaccins à ARN messager, comme Pfizer ou Moderna, n'ont eux pas besoin d'atteindre le noyau de la cellule pour être efficaces et offrir une immunité durable. Le docteur Kamil, interrogé par la BBC, appelle à une vérification "de manière indépendante" des données affichées par le fabricant du vaccin indien. 

Celui-ci assure qu'il a été testé sur 28.000 volontaires, dans plus de 50 centres à travers l'Inde avec pour la première fois 1000 jeunes entre 12 et 18 ans. Un vaccin qui se serait avéré "sûr et très bien toléré" dans ce dernier groupe d'âge. L'entreprise prévoit de fabriquer jusqu'à 120 millions de doses chaque année pour ce deuxième vaccin produit en Inde.


La rédaction de TF1info

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