L'info passée au crible

Le Royaume-Uni a-t-il renoncé au passeport sanitaire pour lutter contre le Covid-19 ?

Felicia Sideris
Publié le 1 juin 2021 à 15h48
JT Perso

Source : TF1 Info

REVIREMENT - D'après plusieurs sources gouvernementales, Londres devrait finalement renoncer à rendre obligatoire le certificat vaccinal. Une décision essentiellement basée sur des spécificités locales.

Validé en France, dénigré au Royaume-Uni. Le pass sanitaire, qui a été confirmé par le Conseil constitutionnel français ce lundi 31 mai, serait, au contraire, sur le point d'être annulé outre-Manche. Sur les réseaux sociaux, les opposants à cet outil se sont ainsi réjouis que Londres abandonne ce projet. À l'instar de Florian Philippot, qui demande désormais que la France fasse de même.

Des arguments politiques, éthiques et techniques

L'information est effectivement corroborée par plusieurs sources gouvernementales, citées dans la presse britannique. À l'origine de ces révélations, le Daily Telegraph. Dans ses pages, un membre du gouvernement confiait dimanche que "plus personne n'en parle comme d'une possibilité" à venir dans le cadre du déconfinement. Une information publiée par Ben Riley-Smith, un journaliste politique qui a pour habitude d'être le confident des élus du pays. Coutumier des infos exclusives sur le sujet, il avait révélé en avril dernier que les autorités sanitaires n'obligeraient pas les clients des restaurants et bars à utiliser un certificat de vaccination. 

Depuis, Londres envisageait tout de même de créer une application similaire à celle que l'on connaîtra en France à partir du 9 juin. Réservée aux grands événements, elle devait par exemple permettre de participer à des rencontres sportives, des concerts ou des salons professionnels. Alors que s'est-il passé ? La presse britannique avancent plusieurs justifications à ce revirement.

Pass sanitaire : comment il va changer votre vie quotidienne le 9 juinSource : JT 20h Semaine
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Tout d'abord, il y a un argument strictement politique. Si le parti travailliste trouve cet outil nécessaire, les conservateurs sont beaucoup plus mitigés. Si bien qu'il ne fait pas l'unanimité au sein de la majorité du Premier ministre Boris Johnson, qui risquait donc un revers politique. 

Arrive ensuite un argument "éthique", de nombreux jeunes n'étant pas encore vaccinés, et les tests PCR dans le pays n'étant pas gratuits comme cela peut être le cas en France. Ainsi, Nadhim Zahawi, en charge de la campagne de vaccination du Royaume-Uni, jugeait en février dernier ce type d'outil comme "discriminatoire". "Nous préférons préconiser des mesures consenties par tout un chacun". 

Les opposants à ce certificat ajoutent ensuite des arguments techniques - l'application ne serait pas disponible pour les étrangers - et pratiques - avec la crainte de manquer de personnel pour tester la population non-vaccinée. Enfin, dernier argument massue : l'abandon de ce passeport vert en Israël. 

L'outil sera "probablement" abandonné

Attention cependant. Si, auprès du Daily Telegraph, cette source gouvernementale assure avec aplomb que la proposition est "abandonnée", les choses ne sont en réalité pas tranchées. À travers les indiscrétions d'autres sources gouvernementales, on découvre que le débat est toujours ouvert. Un proche du dossier explique par exemple au Guardian que ce certificat sera "probablement" supprimé. Reste toutefois la question des voyages à l'international. Une autre source a expliqué au prestigieux quotidien que si l'application n'allait pas être mise en place au niveau national, ces documents pourraient devenir obligatoires pour les voyages à l'international. 

Une situation délicate. À laquelle le gouvernement britannique n'a pas encore réagi officiellement. Le ministre d'État Michael Gove a ainsi déclaré cette semaine que cette décision devait être "équilibrée", tout en soulignant les inconvénients potentiels, y compris "le coût" et le "facteur de dérangement". Un porte-parole du gouvernement a quant à lui déclaré par communiqué aux médias que l'examen de cette décision était toujours en cours. Et qu'aucune décision n'avait encore été prise.

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