Une manifestation a eu lieu ce dimanche 30 juillet à Niamey, au Niger, en soutien aux putschistes qui ont renversé l'ancien président dans la nuit de mercredi à jeudi.
Cette marche, durant laquelle l'ambassade de France a été dégradée, a été organisée par le mouvement civil M62.
Celui-ci avait déjà dit son opposition à l'opération Barkhane menée par la France au Sahel et au Sahara.

Un mouvement qui pourrait s'avérer influent. Ce dimanche 30 juillet, les Nigériens étaient appelés à manifester pour montrer leur soutien aux militaires putschistes ayant renversé le président élu Mohamed Bazoum au Niger. Cette marche qui s'est déroulée à Niamey, devait rejoindre l'Assemblée nationale. Des milliers de manifestants ont néanmoins profité de l'occasion pour manifester devant l'ambassade de France au Niger, avant d'être dispersées par des grenades lacrymogènes. 

L'appel à manifester avait été précédemment passé par le mouvement civil M62. Celui-ci entendait "mettre en garde la Cédéao et la France contre toute intervention militaire au Niger" et "exiger le départ immédiat des troupes françaises et celui de l'ambassadeur de France".

Un mouvement "anti-impérialiste et anti-français"

Ce mouvement, qui réunit plusieurs organisations de la société civile nigérienne, a été lancé début août 2022, sous le nom complet "M62 : Union sacrée pour la sauvegarde de la souveraineté et de la dignité du peuple", comme le rapporte le journaliste spécialiste des questions de défense, Philippe Chapleau. Celui-ci se décrit comme "pacifique" et engagé pour "la dignité et la souveraineté du peuple nigérien".

Selon le chercheur en sciences politiques Rahmane Idrissa, le mouvement se revendique comme "anti-impérialiste et anti-français". Fondé dans la foulée d'une mobilisation au Burkina Faso contre la présence militaire de la France dans le pays, il a organisé depuis sa création plusieurs manifestations pour exiger le départ de la force anti-djihadiste française Barkhane du Niger. Ce fut notamment le cas en septembre 2022, à Niamey. La marche avait alors réuni plusieurs centaines de personnes et avait été ponctuée de slogans tels que "Barkhane dehors", "À bas la France" ou "Vive Poutine et la Russie".

En janvier dernier, le coordonnateur du mouvement nigérien, Abdoulaye Seydou, a été placé en détention préventive pour "complicité d'incendie" sur un site d'orpaillage, en lien avec une attaque "terroriste" fin octobre 2022 dans le sud du pays. Le mouvement a défendu son leader en soulignant qu'il s'était rendu sur place uniquement "pour vérifier les faits". En avril, il a été emprisonné pour neuf mois de prison ferme pour "diffusion de données de nature à troubler à l'ordre public". Suite au putsch, le mouvement a pris acte de l'arrivée au pouvoir du général Tiani et a exigé, entre autres, la libération du militant.


Aurélie LOEK

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