Joe Biden a nommé ce vendredi la juge Ketanji Brown Jackson à la Cour suprême des Etats-Unis.
Elle doit toutefois encore franchir l'étape de sa confirmation par le Sénat.

Cela pourrait être historique. Alors que le président Joe Biden a nommé ce vendredi la juge Ketanji Brown Jackson à la Cour suprême des Etats-Unis, celle-ci pourrait devenir la première afro-américaine à occuper ce poste, à condition de franchir avec succès l'étape de sa confirmation par le Sénat.  "Il est temps que nous ayons une cour qui reflète tous les talents et la grandeur de notre nation", a déclaré le dirigeant démocrate, en présentant la magistrate lors d'une cérémonie à la Maison Blanche.

La juge de 51 ans, mère de deux filles, et mariée à un éminent chirurgien, aux "qualifications extraordinaires" selon Joe Biden, a alors pris la parole, sous les yeux d'une autre femme incarnant le rêve américain pour les personnes issues de minorités : la vice-présidente Kamala Harris, de père jamaïcain et de mère indienne. "J'espère simplement que ma vie, ma carrière, mon amour du pays et de la Constitution, et mon engagement pour l'État de droit et les principes sacrés sur lesquels cette nation s'est bâtie, seront sources d'inspiration pour les générations futures d'Américains", a lancé la magistrate.

Des débats houleux à prévoir au Sénat

Il s'agit pour le président américain de sa première nomination à la haute cour, qui ne changera pas nécessairement le rapport de force au sein du prestigieux collège de neuf magistrats dont la mission est de veiller à la constitutionnalité des lois et de trancher les importants débats de société aux Etats-Unis. Avant Joe Biden, Donald Trump a en effet eu l'occasion de nommer trois juges à la Cour suprême, ancrant l'instance dans le conservatisme, possiblement pour plusieurs décennies.

Mais au regard de la polarisation politique actuelle croissante en Amérique, la magistrate peut s'attendre à être mise sur le gril quand elle passera son audition devant les élus du Congrès, dont certains ont déjà réagi négativement. Cela augure de vifs débats au Sénat, où les démocrates disposent de la plus petite majorité. C'est pourquoi, le camp de Joe Biden tient à la confirmer avant les élections parlementaires de novembre, qui risquent de se traduire par un revers.

Etant donné l'ampleur de l'enjeu, Joe Biden s'était lui-même impliqué dans cette sélection, faisant passer un entretien aux magistrates en concurrence dans la dernière ligne droite. Ketanji Brown Jackson faisait, elle, partie de trois juges noires finalistes, à l'issue d'un processus de désignation auquel l'exécutif a apporté le plus grand soin, pour justement éviter d'offrir une prise aux critiques lors de la phase de confirmation au Capitole. 

La juge Ketanji Brown Jackso remplacera ainsi le magistrat progressiste Stephen Breyer, qui prendra sa retraite fin juin prochain. L'institution au sommet de la pyramide judiciaire américaine restera donc composée de six membres conservateurs (dont une femme) et trois progressistes, toutes féminines. En 232 ans d'existence, la Cour suprême des Etats-Unis n'a compté en son sein que deux magistrats noirs dont l'un, Clarence Thomas, a été nommé par George Bush père et siège toujours.


Léa LUCAS avec AFP

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