Brexit : goodbye United Kingdom

Pénuries au Royaume-Uni : les stations-service bientôt en panne sèche ?

V.F
Publié le 27 septembre 2021 à 10h09
JT Perso

Source : TF1 Info

REPORTAGE - Le Royaume-Uni continue de subir les conséquences du Brexit. Après les supermarchés, c'est au tour des stations-essence d'affronter des difficultés d'approvisionnement. On vous explique.

Voilà une illustration des difficultés subies par les Britanniques sous le double effet de la pandémie et du Brexit. Un peu partout en Angleterre, des files d'attente de plusieurs centaines de mètres se forment devant les stations-essence, avec des automobilistes pris de panique par peur d'une pénurie. "Je suis vraiment désespéré, et je ne sais pas où aller ensuite", lance l'un d'eux, interrogé par le JT de 20H de TF1 dans la vidéo en tête de cet article.

Dans plusieurs stations-service, le message est sobre : "Pompes hors d'usage". Et tous les fournisseurs sont affectés. Il ne s'agit pas d'une pénurie de carburant, mais d'un manque de chauffeurs pour l'acheminer jusqu'aux automobilistes. "C'est une source de préoccupation parce que c'est très important de pouvoir conduire partout pour mon travail", s'inquiète un routier. 

100.000 postes vacants

Depuis le Brexit et la mise en place de visas de travail, les chauffeurs routiers, notamment d'Europe de l'Est, ne viennent plus travailler au Royaume-Uni. Résultat : il en manquerait 100.000. Face aux craintes de pénuries, le ministre des Transports, Grant Shapps, a appelé les automobilistes, ce vendredi 24 septembre au matin, à "agir comme d'habitude" et à ne pas procéder à des achats massifs sous l'effet de la panique, susceptibles d'aggraver la situation. La presse évoque également la possibilité de mobiliser l'armée pour livrer les carburants.

Autre secteur au bord de la crise : le gaz. Son prix flambe avec plus de 70% de hausse le mois dernier, entraînant des effets inattendus et inquiétants. Ainsi, des usines qui produisent du CO2 pour l'agroalimentaire, grosses consommatrices d'énergie, ont dû fermer. Et sans CO2, pas d'eau gazeuse dans les supermarchés, pas de bière dans les pubs. Et même la production de viande est touchée, comme l'explique Mike Holling, directeur des ventes et du marketing chez Sales Birds Bakery : "Ça, c’est notre stock de CO2, on l'utilise pour emballer la viande, pour la garder fraîche. Si ça devient rare, on devra chercher des alternatives. Mais les prix devront forcément augmenter", dit-il.

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Brexit, coronavirus et même météo ont aggravé la situation, car le Royaume-Uni est dépendant du vent. Les éoliennes lui assurent habituellement le quart de son énergie, mais ces dernières semaines, c'est le calme plat ; elles ont tourné au ralenti. Plusieurs centrales à charbon ont même dû être rallumées pour ne pas plonger le pays dans le noir. 


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