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Rapatriement des ressortissants français du Maroc : "On ne fait qu'annuler mes vols, c'est une vraie loterie"

Aurélie Loek
Publié le 12 avril 2021 à 16h16
Rapatriement des ressortissants français du Maroc : "On ne fait qu'annuler mes vols, c'est une vraie loterie"

Source : Jordan Sanchez @Unsplash

TÉMOIGNAGES - Les liaisons aériennes entre la France et le Maroc sont suspendues depuis le 30 mars, une mesure qui a été reconduite jusqu'au 21 mai. La situation laisse des ressortissants désemparés.

"Rien ne nous laissait présager que les frontières allaient fermer", affirme Dany. Originaire de Cergy-Pontoise (Val d'Oise), ce quinquagénaire contacté par LCI a eu l'impression que la situation de l'année dernière se répétait. Comme en 2020, du jour au lendemain, les liaisons aériennes ont été interrompues entre le Maroc et une trentaine de pays, dont la France. Les avions sont repoussés ou annulés selon les compagnies aériennes, rendant sans cesse incertain un retour en France. 

Des trajets retour incertains

"On ne fait qu'annuler mes vols, c'est une vraie loterie", s'énerve Karla. Étudiante en droit à Paris, elleest arrivée en janvier à Kénitra, à 50 kilomètres de Rabat. Profitant des cours en distanciel, elle a rejoint son copain au Maroc, mais elle devait rentrer le 12 avril dernier. "Mes examens sont le 25 mai et je n'avais pas envie de passer mes révisions en période de ramadan", explique la jeune femme de 22 ans. 

Faute d'avion au départ de Rabat, Karla espère trouver un vol de rapatriement depuis Casablanca. "Mais je dois d'abord avoir la certitude d'avoir un vol." Contrairement à l'année dernière, des liaisons, en avion et en bateau, ont été autorisées pour ramener en France les personnes bloquées au Maroc. Cependant, ces trajets affichent rapidement complets et partent à des prix très élevés. 

Ce dimanche, Dany, qui surveille les vols, a repéré un aller en avion Casablanca-Paris à 1.500 euros. "En basse saison comme ça, les prix ne devraient pas être aussi élevés", note-t-il. Pour éviter de payer son billet de retour trop cher, il passera donc par la Tunisie. 

"On a des billets à 400 euros alors que les compagnies aériennes ont reçu des milliards à cause du virus. Elles pourraient faire un effort", observe aussi Patrick, mécontent. Résident au Maroc, il devait rentrer le 1er avril en France. Il attendra finalement le 22 mai. Les autorités marocaines ont étendu l'état d'urgence sanitaire le 8 avril dernier, repoussant la reprise des liaisons aériennes au 21 mai. 

De son côté, Sarah n'aurait pas pu attendre aussi longtemps. "Si je n'étais pas aller au bureau pendant un mois, cela aurait été considéré comme un abandon de poste", estime-t-elle. Partie quelques jours en vacances au Maroc pour voir sa mère, elle devait rentrer à Marseille le 5 avril pour reprendre le travail le lendemain. Avec la suspension des liaisons aériennes, elle a dû prévenir sa hiérarchie qu'elle ne serait pas rentrée à temps. "Ils ne l'ont pas très bien pris", avoue Sarah. 

Originaire de Fès, elle a dû aller en train jusqu'à Casablanca, prendre un avion pour Paris et enchainer avec un aller en train à nouveau jusqu'à Marseille. Après deux jours de voyage et un retour qui lui a coûté 700 euros dans sa totalité, Sarah se dit chanceuse : "au moins, j'ai réussi à revenir."


Aurélie Loek

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