Covid-19 : l'apparition du variant Omicron relance le débat sur l'insuffisante vaccination dans les pays pauvres

Publié le 1 décembre 2021 à 20h23
Covid-19 : l'apparition du variant Omicron relance le débat sur l'insuffisante vaccination dans les pays pauvres
Source : Nipah Dennis / AFP

VACCINATION - Si le processus de distribution mis en place par Covax s'accélère, cela n'empêche pas le virus de continuer à se propager et à muter, au point que certains n'hésitent pas à attribuer l'apparition du variant Omicron à l'inégale couverture vaccinale dans le monde.

Après le variant Delta en Inde, le développement d’un nouveau variant en Afrique du Sud, dont seul 25% de la population est vacciné, a relancé la nécessité d’une couverture vaccinale mondiale. À l'heure où de nombreux pays ferment leurs frontières, le vaccin est présenté comme la seule solution pour véritablement lutter contre le virus.

"Comme je l'ai dit à maintes reprises, plus nous laissons la pandémie s'éterniser - en ne remédiant pas à l'inégalité en matière de vaccins, ou en ne mettant pas en œuvre des mesures sociales et de santé publique de manière adaptée et cohérente - plus nous donnons à ce virus la possibilité de muter d'une manière que nous ne pouvons ni prévoir ni empêcher", a ainsi répété le président de l'OMS, Tedros Adhanom. 

Rendre le vaccin accessible au plus grand nombre

Une position également défendue par des ONG, dont certaines militent même pour la levée des brevets sur les vaccins. "Malgré les alertes répétées de la société civile et de la communauté scientifique, le scénario que nous craignions se confirme aujourd'hui. Les mesures nécessaires n'ont pas été prises pour rendre le vaccin accessible au plus grand nombre", ont dénoncé Oxfam France, Médecins du Monde, Action Santé mondiale, ONE et Sidaction dans un communiqué commun.  

Pour autant, les pistes d'explication sur l'apparition du variant Omicron ne se résument pas à une vaccination insuffisante. Les experts du Conseil scientifique français, chargé d'aider le gouvernement sur la crise sanitaire, jugent ainsi probable qu'Omicron soit apparu chez une personne immunodéprimée. Le variant serait l'héritier d'une longue lignée de mutations, accumulées lors d'une infection "chronique" par le Sars-COV2, chez une personne atteinte d'un déficit immunitaire sévère.

Quelle que soit son origine, la communauté scientifique reste unanime. "Si nous ne savons pas encore tout sur Omicron, nous savons que tant qu'une grande partie de la population mondiale ne sera pas vaccinée, des variants continueront à apparaître et la pandémie à se prolonger", a ainsi rappelé l'épidémiologiste américain Seth Berkley. 

Le médecin, qui dirige l'Alliance du vaccin (Gavil), un des piliers du système de distribution équitable Covax avec l'OMS et l'Unicef, a donc appelé à ce que les dons de doses, mais aussi de seringues, d'aiguilles ou de diluants se poursuivent. En effet, jusqu'ici, le système Covax peine à combler les inégalités vaccinales. 

Si les dons s'accélèrent ces derniers mois, et que 11 millions de doses ont été livrées dans la seule journée de lundi, un record selon l'organisation, le président de Gavil a demandé aux pays donateurs "de faire des dons de meilleure qualité". Covax et un système similaire mis en place par l'Union africaine avaient publié cette semaine un communiqué se plaignant notamment que les doses données soient parfois trop proches de leur date de péremption pour être vraiment utilisables.

 Selon l'OMS Afrique, seul un professionnel de santé sur 4 en Afrique a un schéma vaccinal complet. L'organisation estime également que 8 fois plus de doses de rappels sont administrés chaque jour dans le monde que de premières doses dans les pays à faible revenu. Or pour Seth Berkley, c'est évident : "Personne n'est en sécurité tant que tout le monde ne l'est pas".


Aurélie LOEK

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