Covid-19 : le défi de la vaccination

Covid-19 : créé pour combattre l’inégalité vaccinale, le dispositif Covax patine

Publié le 24 août 2021 à 17h24
Covid-19 : créé pour combattre l’inégalité vaccinale, le dispositif Covax patine

Source : AIZAR RALDES / AFP

VACCINATION - L’initiative de partage de doses de vaccins aux pays défavorisés bat de l’aile, alors que la campagne de rappel est déjà lancée dans plusieurs pays occidentaux. À peine un tiers de la population mondiale est primo-vaccinée contre le Covid.

Neuf mois après les premières injections dans le monde, la fracture vaccinale entre pays riches et pays pauvres est toujours béante. Un fossé que le système Covax, mis en place par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ne parvient pas à contenir. Alors qu’une troisième dose est d’ores et déjà annoncée dans de nombreux pays occidentaux, à commencer par Israël qui a vacciné un million de personnes âgées depuis fin juillet, l’immense majorité des pays pauvres n’ont pas bénéficié des bienfaits de la campagne. Et pour cause, la plupart d’entre eux ont administré un nombre de doses dérisoire par rapport à leur population.

D’abord, quelques chiffres pour mieux se représenter l’inégalité face aux vaccins contre le Covid. À l’échelle mondiale, seule 32,6% de la population a déjà reçu une dose de vaccin, parmi laquelle 24,5% a un schéma vaccinal complet. Nul doute que les pays pauvres paient le prix fort de cette pandémie avec un bilan en demi-teinte de Covax. À ce jour, seuls 1,4% des habitants de pays à faibles revenus ont bénéficié d’au moins une dose de vaccin contre le Covid, selon les données consolidées par Our world in data. Tandis que le Portugal compte 80,9% de primo-vaccinés et la France 70,1%, l’Égypte n’en dénombre que 4,2% et la Birmanie 8,2%. La Tanzanie fait pire, avec seulement 0,37% de ses habitants ayant reçu au moins une première dose.

Urgence "de renverser les choses"

C’est pour cette raison majeure que l’OMS s’est opposée début août au lancement d’une campagne de rappel des pays riches. Ayant d’abord appelé à un moratoire sur les doses de rappel, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’agence onusienne a alerté sur le "besoin urgent de renverser les choses : d’une majorité de vaccins allant dans les pays riches à une majorité allant dans les pays pauvres". Si cette fracture demeure aujourd’hui, c’est que l’initiative Covax patine et ne réussit toujours pas à remplir sa mission, à savoir approvisionner 92 pays pauvres, leur permettant de vacciner au minima 20% de leur population.

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Pourtant, l’enjeu est de taille à l’heure de la diffusion de variants plus redoutables et contagieux comme le Delta. Conscient de cela, Joe Biden a appelé début août à "vacciner l’Amérique et aider à vacciner le monde" pour vaincre cette pandémie. Concrètement, Washington a débloqué 3,5 milliards de dollars pour l’achat de 500 millions de doses de Pfizer-BioNTech dans le cadre de Covax. Mais comme le relève le New York Times, cet argent aurait été simplement réaffecté. À l’origine, il devait être dépensé pour accompagner les campagnes de vaccination des pays pauvres, autant dans la logistique que dans la communication et la pédagogie. Le président américain avait initialement promis la somme de 2 milliards de dollars à cette fin, devenant le principal investisseur devant l’Allemagne et le Royaume-Uni. 

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À sa création en avril 2020, le système Covax prévoyait d’acquérir près de 2 milliards de doses d’ici à la fin 2021. Mais rien n’est moins sûr aujourd’hui. À la fin juin, le dispositif chapeauté par l’OMS accusait un retard de 190 millions de doses par rapport à son calendrier initial. Les promesses faites fin mai par les pays du G20 et le FMI d’accélérer la vaccination des pays pauvres ne semblent pas avoir eu suffisamment de poids.


Caroline QUEVRAIN

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