Covid-19 : le défi de la vaccination

Covid-19 - Du Brésil à l'Inde, qui sont ces dirigeants mis en cause dans la gestion de la pandémie ?

LC avec AFP
Publié le 1 novembre 2021 à 13h01
JT Perso

Source : JT 20h WE

COVID-19 - Le seuil des 5 millions de morts du Covid-19 vient d'être franchi ce 1er novembre, et ce, alors que les cas de contamination continuent d'augmenter en France comme en Europe de l'Est.

La pandémie a fait plus de 5 millions de morts dans le monde. Mais est-ce que le bilan aurait pu être moins lourd avec d’autres décisions ? La question se pose d’autant plus que de nombreux dirigeants, de la France au Brésil, ont été mis en cause pour leur gestion de la crise sanitaire. On fait le point.

L’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn mise en examen

En France, l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn a été mise en examen le 10 septembre dernier pour "mise en danger de la vie d’autrui" sur sa gestion de l’épidémie. Une première judiciaire pour l’Hexagone. Une première aussi pour l’ancienne membre du gouvernement, pour l’instant seule à être mise en cause dans ce vaste dossier consacré à la manière dont les autorités françaises ont géré l’épidémie de Covid-19. 

Agnès Buzyn a par ailleurs été placée sous le statut plus favorable de témoin assisté pour "abstention volontaire de combattre un sinistre". Mais elle n'est pas la seule à être inquiétée.

Agnès Buzyn poursuivie : peut-on juger l'action d'un gouvernement ?Source : JT 20h WE

La Cour de justice de la République (CJR), seule instance habilitée à juger des membres du gouvernement pour des faits commis dans l'exercice de leurs fonctions, mène également une instruction concernant son successeur Olivier Véran et l'ancien Premier ministre Edouard Philippe.

Une enquête parlementaire sur Jair Bolsonaro

Au Brésil, deuxième pays le plus meurtri au monde avec plus de 600.000 morts, une commission d'enquête sénatoriale a demandé fin octobre l'inculpation du président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Les sénateurs l’accusent de "crime contre l’humanité" pour avoir "délibérément exposé" les Brésiliens à "une contamination de masse" pendant la pandémie, avec notamment un discours anti-confinement et des retards dans l’achat de vaccins.

Nous ne sommes coupables d’absolument rien, nous savons que nous avons fait ce qu’il fallait dès le début. C'est une mascarade.

Jair Bolsonaro, Président du Brésil

Le président crie à la "mascarade. Nous ne sommes coupables d’absolument rien, nous savons que nous avons fait ce qu’il fallait dès le début."

Reste que, aussi gravissimes soient-elles, ces accusations devraient uniquement avoir une portée symbolique. Le président d’extrême-droite bénéficie de nombreux soutiens au Parlement, ainsi que celui du procureur général Augusto Aras, note FranceInfo.

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En Italie, une enquête sur un haut responsable de l’OMS

En avril dernier, le parquet de Bergame, au Nord de l'Italie, a ouvert une enquête sur la crise du Covid-19 lors de la première vague de l’épidémie dans la péninsule. Dans leur viseur : Ranieri Guerra, l’un des 11 directeurs généraux adjoints de l’OMS.

Le haut responsable est accusé d’avoir fait enterrer un rapport "accablant" sans explication. Intitulé "Un challenge sans précédent : la première réponse italienne au Covid-19", le document montrait que le pays n’était pas préparé, explique Libération. Le texte révélait notamment que le plan italien en cas de pandémie n’avait été mis à jour depuis 2006. Conséquence ? Une réponse initiale des hôpitaux "improvisée, chaotique" avant que soient actées les premières directives officielles.

Ranieri Guerra affirme pour sa part que le plan "avait été jugé encore valide en 2016" et qu'il avait "laissé une note pour qu'il soit mis à jour". Le parquet le soupçonne de faux témoignage.

En Autriche, premier procès contre l’Etat après un cluster

Fin septembre, s’est tenu le premier procès intenté contre l’État autrichien par des familles endeuillées après un gigantesque cluster à Ischgl, dans le Tyrol.

Surnommé "l’Ibiza des Alpes", cette station ski connue pour ses bars nocturnes, rappelle Le Monde, était devenue un énorme foyer d’infection au tout début de la crise du Covid-19, en mars 2020. Près de 6000 personnes originaires de 45 pays ont affirmé qu’elles ou l’un de leurs proches avaient été contaminées sur ces pistes autrichiennes. Parmi elles, 32 ont trouvé la mort. Face la vue de l’ampleur du cluster, le chancelier avait brutalement annoncé la fermeture de la station en conférence de presse.

Ce procès est le premier d’une longue série dont le jugement devrait être tranché à une date indéterminée, rajoute le journal Le Monde.

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Inde, Royaume-Uni… des ouvertures d’enquête (très) bientôt

En Inde comme au Royaume-Uni, les deux pays ont connu une féroce vague épidémique avec l’arrivée du Covid-19. Plus de 140.000 morts du côté de l’île britannique depuis le début de la pandémie, contre 4000 décès quotidiens pour le pays asiatique. Là encore, la gestion de la crise a été de part et d’autre largement critiquée, y compris devant les tribunaux.

En Inde notamment, une commission établie par le gouvernement régional de Delhi doit remettre un rapport sur les décès liés aux pénuries d'oxygène. Plusieurs responsables du parti du Premier ministre Narendra Modi et de l'opposition risquent par ailleurs un procès, accusés d'avoir indûment stocké des médicaments.

Des milliers de morts auraient pu être évitées

Rapport parlementaire britannique, publié le 12 octobre 2021

Le Premier ministre anglais Boris Johnson a, de son côté, annoncé l'ouverture en 2022 d'une enquête indépendante, réclamée par l'opposition. Mi-octobre, un rapport parlementaire avait pointé un confinement tardif et de "grosses erreurs" conduisant à l'"un des plus importants échecs de santé publique" du pays. "Des milliers de morts auraient pu être évitées" si les autorités n'avaient pas d'abord tablé sur une immunité collective.

Trump critiqué... mais pas inquiété

L’ancien président américain Donald Trump a été très critiqué pour sa gestion de la pandémie, minimisant sa dangerosité puis moquant les mesures sanitaires pour enrayer sa propagation.

Son gouvernement a stoppé un plan de distribution générale de masques et contraint les autorités sanitaires à édulcorer leurs consignes pour encourager le retour à la normale.  

Les États-Unis ont payé le plus lourd tribut au monde à la pandémie (plus de 740.000 morts). 


LC avec AFP

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