Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Covid-19 : record de mortalité, contamination en hausse... pourquoi l'épidémie s'emballe-t-elle en Russie ?

LC
Publié le 4 novembre 2021 à 15h27
JT Perso

Source : JT 13h WE

PRÉOCCUPANT - Rien ne semble arrêter la violence du Covid-19 en Russie. Chaque jour, les nombres de cas positifs et de décès quotidiens atteignent de nouveaux records dans le pays, alors que moins d'un tiers de la population est vaccinée.

Depuis le week-end dernier, les rues de Moscou sont inhabituellement calmes. Les écoles, les restaurants, les cinémas et les commerces - sauf ceux vendant des produits de première nécessité - baissent les rideaux jusqu’au 7 novembre dans la capitale russe. Même tour de vis à Saint-Pétersbourg, après une décision de Vladimir Poutine qui a décrété une semaine chômée. 

Il faut dire que le Kremlin est inquiet. Tous les voyants ont viré au rouge. Avec 40.000 cas positifs et 1200 décès en moyenne par jour, c’est du jamais-vu pour le pays, soulignent les autorités. Rapporté à la population, le bilan est respectivement trois fois et quinze fois plus élevé qu’en France, selon un calcul du Parisien.

Au total, le décompte gouvernemental fait état de 243.255 morts dus au Covid-19, faisant de la Russie le pays le plus endeuillé d'Europe. Mais les chiffres réels sont bien plus lourds. L’agence Reuters parle, elle, du double avec 476.400 décès.

Comment expliquer cette situation critique ? Le faible de taux de vaccination d’abord. Moins de quatre habitants sur dix ont reçu leurs deux doses, soit à peine un tiers des 146 millions de Russes. Il faut compter à peine plus pour celles et ceux ayant reçu une seule dose (38,9% de la population). On est donc très loin de l’objectif de 60% des personnes entièrement vaccinées fixé par le gouvernement, pour septembre.

Défiance profonde du vaccin Spoutnik V

Le 11 août 2020, Vladimir Poutine avait pourtant annoncé en grande pompe le vaccin Spoutnik V. Vaccin qui devait à lui seul prouver la supériorité des scientifiques russes et permettre à Moscou de tourner rapidement la page du Covid-19.

Mais c’était oublier la profonde défiance de la population. "Les autorités nous mentent sur plein de sujets. Comment les croire sur la vaccination ?", relève Viatcheslav, un Moscovite, auprès de l’AFP. "C'est un vaccin expérimental. Je ne suis pas un singe", lâche pour sa part Svetlana Jetloukhina, qui confesse pourtant que le virus l'a transformée en "zombie" pendant plusieurs jours.

D’après le sociologue Stepan Gontcharov du centre indépendant Levada, les sondages montrent que la part d’antivax est figée depuis des mois "entre 50% et 55%". En mars dernier, 62% des Russes répondaient déjà ne pas vouloir se faire injecter le vaccin, selon cette même institution.

Le seul remède contre les formes graves de maladie et contre la mort, c’est la vaccination.

Vladimir Poutine

La crédibilité de Spoutnik V pourrait pâtir du manque de reconnaissance des instances internationales. L'Organisation mondiale de la santé et de l'Agence européenne du médicament ne l’ont pas encore homologué. Il serait d’ailleurs "impossible" que l’EMA se prononce d’ici 2022 faute de données suffisantes sur le vaccin, indique Reuters.

Face à l’échec de sa campagne, le Kremlin appelle au "sens civique". "Il faut se vacciner, exhorte Vladimir Poutine. "Le seul remède contre les formes graves de maladie et contre la mort, c’est la vaccination."

Pour vaincre les rétifs, les autorités ont décidé d'alterner entre carotte et bâton. Si des loteries permettent aux vaccinés de gagner des voitures, les plus de 60 ans ont obligation de rester confinés jusqu'au 25 février.

Restrictions sanitaires pas respectées

Mais là encore, les mesures annoncées ne semblent pas toujours être bien respectées. Distanciation sociale et port du masque restent aléatoires, sans compter des restrictions sanitaires encore trop limitées pour certains. Ces dernières semaines, de nombreux Moscovites ont préféré partir en vacances au bord de la Mer noire ou en Crimée, oubliant le contexte sanitaire. 

L’Organisation mondiale de la santé s’est alarmée, jeudi, du rythme "très préoccupant" de transmission du Covid-19 actuellement en Europe, qui pourrait déboucher sur un demi-million de morts supplémentaires sur le continent d’ici à février.


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