Covid-19 : la propagation fulgurante du variant Omicron

Covid-19 : l'épidémie flambe en France, mais qu'en est-il chez nos voisins ?

Thomas Deszpot
Publié le 26 décembre 2021 à 12h32, mis à jour le 26 décembre 2021 à 12h37
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

CONTRASTE - Dans l'Hexagone, l'impact d'Omicron se fait ressentir en cette période de Noël, avec une hausse massive des cas. Une situation similaire à celle de pays voisins, mais qui tranche avec la décrue observée ailleurs en Europe.

Une première dont les autorités sanitaires se seraient sans doute volontiers passées. Si le 25 décembre a été marqué par les traditionnelles célébrations de Noël, cette journée a aussi enregistré un record : avec 104.611 nouveaux cas en 24 heures, la France a dépassé pour la première fois depuis le début de la pandémie le seuil des 100.000 cas quotidiens. Une flambée à laquelle le variant Omicron n'est bien sûr pas étranger, et qui fait écho à la hausse massive des contaminations chez certains de nos voisins. Pour autant, lorsque l'on se penche sur la situation ailleurs en Europe, les dynamiques épidémiques diffèrent très largement. 

France, Espagne, Portugal... un boom des contaminations

Les cas positifs ont triplé dans l'Hexagone en l'espace de trois semaines, sous l'influence notamment du variant Omicron. De quoi faire craindre une prochaine saturation du système hospitalier et des mesures de restriction plus strictes. Si la situation actuelle n'incite guère à l'optimisme, force est de constater qu'elle n'est pas plus encourageante chez certains de nos proches voisins. 

En Espagne, au Portugal ou en Italie, les contaminations suivent une dynamique très similaire, avec des hausses très marquées et un pic qui se fait encore attendre. Une spécificité du sud de l'Europe ? Difficile de tirer ce genre de conclusions : le Danemark est ainsi à l'heure actuelle le pays qui enregistre le plus de cas par rapport à sa population. Suivi du Royaume-Uni, qui n'est pas plus méditerranéen. Notons qu'à Londres, une personne sur 20 avait le Covid-19 il y a une semaine, si l'on en croit les estimations. Les Britanniques, à l'instar des Français, ont enregistré un nombre record de cas positif ces derniers jours.

Le graphique ci-dessus illustre bien la progression notable des contaminations, à travers des pays européens pourtant assez différents les uns des autres. La moyenne du nombre de cas sur 7 jours par million d'habitants permet d'effectuer des comparaisons et d'observer que ces différents pays voient l'épidémie poursuive sa progression.

En Allemagne ou aux Pays-Bas, un pic dépassé

En cette période de fêtes, les indicateurs épidémiologiques apparaissent plus positifs qu'en France dans une partie de l'Europe. Pas encore survenu dans l'Hexagone, le pic des contaminations semble avoir été atteint, puis dépassé chez plusieurs membres de l'UE. Outre-Rhin tout d'abord, puisqu'une baisse des cas s'observe en Allemagne. Une situation pas si singulière puisque la Belgique, les Pays-Bas ou l'Autriche voient les courbes diminuer.

La vaccination, inégale d'un pays à l'autre, ne peut pas tout expliquer. En effet, on constate que des pays avec une forte couverture vaccinale s'en sortent moins bien que d'autres où une proportion plus faible de la population se trouve immunisée. Le Portugal, à ce titre, fait figure d'exemple assez marquant : confronté à une hausse nette des cas positifs, il affiche pourtant l'un des plus hauts taux de vaccination du continent. Et ce alors que les Pays-Bas, bien moins vaccinés, semblent moins touchés par le virus.

Du côté de Lisbonne, on peut expliquer en partie cette situation par la généralisation rapide d'Omicron. Le 22 décembre, un communiqué des autorités soulignait que ce variant était "déjà dominant au Portugal", avec un nombre de cas "estimé à 61,5%". Il est par ailleurs impossible de comparer un pays à un autre sans se pencher sur les mesures de lutte contre le virus instaurées à l'échelle locale.

Les pays qui ont serré la vis plus tôt s'en sortent mieux

On peut bien sûr envier les Pays-Bas ou l'Autriche, qui voient l'épidémie perdre en intensité sur leur sol. Il ne faudrait cependant pas oublier qu'Amsterdam et Vienne, à l'instar d'autres États européens, ont mis en place des mesures drastiques pour éviter de se voir débordées à l'approche de fêtes de fin d'années. Le gouvernement autrichien a par exemple instauré un confinement le 22 novembre dernier, levé quelques semaines plus tard pour les seules personnes vaccinées. D'ici février, la vaccination sera d'ailleurs rendue obligatoire. La Slovaquie, quant à elle, a confiné les non-vaccinés, un choix également opéré à la fin novembre. 

Moins strict, le confinement partiel qui a été décrété aux Pays-Bas a tout de même changé le quotidien de la population. Généralisation du télétravail, réduction drastique des jauges pour les événements publics, mais aussi fermeture des bars, restaurants et supermarchés à 20h, alors que les magasins jugés non essentiels fermaient à 18h. Une série de mesures prises courant novembre et qui accompagnait par ailleurs la mise en place d'un pass sanitaire, à l'instar de celui déployé en France.

Notons enfin que si les Allemands s'en sortent plutôt bien à l'heure actuelle, ils ont, eux aussi, décidés d'agir au cours des dernières semaines pour endiguer la hausse des cas. Comme à l'habitude, ce sont les régions (très autonomes) qui ont pris la main outre-Rhin. Les marchés de Noël ont notamment été annulés en Saxe ainsi qu'en Bavière, où les bars et autres discothèques ont en parallèle fermé leurs portes. 

Ailleurs dans le pays, les lieux sportifs et culturels ont parfois été contraints de ne plus accueillir de public, quand l'accès aux magasins non essentiels ou aux salons de coiffure pouvait se voir réserver aux seules personnes vaccinées. La stratégie du "2G+", conditionnant l'accès à certains lieux sur présentation d'un pass vaccinal ainsi que d'un test négatif, a d'ailleurs été instauré en premier lieu par Berlin et Vienne.


Thomas Deszpot

Tout
TF1 Info