DÉPLACEMENTS - Le Parlement européen s'est positionné en faveur d'un "certificat européen Covid-19", jeudi 29 avril, 540 voix pour, 119 contre et 31 abstentions. Le texte va désormais faire l'objet de discussions ardues avant son adoption d'ici fin juin.

Le "pass sanitaire européen" va se frayer un chemin dans nos smartphones plus vite qu'on ne le croit. Les eurodéputés se sont en effet prononcés en faveur d'un certificat vert pour les pays européens, jeudi 27 avril. Objectif ? Permettre à tous les résidents de circuler librement dès cet été d'un État membre à l'autre. Les eurodéputés ont toutefois introduit des amendements au texte proposé qui augurent de rudes négociations avant l'adoption définitive du dispositif d'ici fin juin. 

Pour l'heure, c'est une "étape clé", se réjouit la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sur Twitter. "Nous soutiendrons et faciliterons une conclusion rapide de ces discussions.""Si nous continuons sur notre lancée, je suis convaincu que nous pourrons sauver l'été", a ajouté le commissaire Didier Reynders, en charge du dossier.

La quarantaine, objet de discorde entre pays de l'UE

Reste à surmonter les divergences entre États membres. Pour le Parlement européen, les pays de l'Union européenne (UE) ne devraient pas pouvoir imposer de mesures de restrictions supplémentaires aux détenteurs d'un tel certificat, comme une quarantaine à l'arrivée. "Il ne doit pas y avoir de restriction supplémentaire, le certificat doit suffire", a déclaré l'eurodéputé espagnol Juan Fernando Lopez Aguilar, président de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen.

Un point qui ne fait pas l'unanimité : les États membres réclament que cette décision leur incombe. Un diplomate européen a en effet estimé que le Parlement jouait "un jeu dangereux" et que sa position devrait "évoluer". "L'idée de lever les mesures de quarantaine en cas de test Covid négatif (...) rendra la lutte contre la pandémie plus difficile", a-t-il jugé.

En quoi consistera ce certificat sanitaire ?

Ce dispositif devrait permettre aux Européens d'attester qu'ils ont été vaccinés contre le Covid-19, qu'ils ont passé un test PCR ou antigénique négatif, ou encore qu'ils sont immunisés après avoir été infectés par le virus une première fois. 

Alors que plusieurs pays ont déjà commencé à mettre en place des "pass sanitaires" - comme l'indique ci-dessous le tweet du ministre français des Transports Jean-Baptiste Djebbari -, il s'agit désormais d'établir un cadre commun au sein de l'UE.

Les eurodéputés réclament par ailleurs que les tests de dépistage soient gratuits, comme le sont les vaccins et les certificats. C'est déjà le cas en France, mais les coûts restent prohibitifs dans d'autres États membres.

 Les eurodéputés aspirent enfin à ce que seuls les vaccins reconnus par l'Agence européenne des médicaments (EMA) - Pfizer/BioNTech, AstraZeneca, Moderna et Johnson & Johnson - soient pris en compte par ce dispositif. En cas d'extrême urgence, un vaccin homologué par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pourrait être accepté. 

Des discussions sont en cours avec les États-Unis pour une reconnaissance mutuelle des certificats sanitaires afin de permettre une reprise du tourisme en dehors de l'UE. 


Léa LUCAS avec AFP

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