Crash de Charm-el-Cheikh : 20 ans après la mort de 135 Français, procès requis pour l'ex-patron de Flash Airlines

par T.G.
Publié le 24 janvier 2024 à 10h17

Source : Sujet TF1 Info

Le parquet de Paris demande le renvoi en correctionnelle de l'ex-patron de la compagnie aérienne égyptienne Flash Airlines.
Mohamed Nour serait jugé pour homicide involontaire, 20 ans après la mort de 148 personnes dont 130 Français dans le crash d'un Boeing au large de Charm el-Cheikh.

Un procès, deux décennies après le drame ? Les familles des victimes y croient. Vingt ans après la mort de 148 personnes dont 135 Français dans le crash d'un Boeing 737 au large de Charm el-Cheikh en Égypte, le parquet de Paris demande le renvoi en correctionnelle de l'ex-patron de la compagnie aérienne.

Le ministère public a en effet requis le 22 décembre un procès pour homicides involontaires pour Mohamed Nour. Cet Égyptien de 70 ans, ex-président du conseil d'administration de la compagnie à bas coût désormais liquidée, avait été mis en examen fin 2021 après de très longs démêlés judiciaires.

"De nombreux manquements"

L'affaire avait débuté le 3 janvier 2004 : ce jour-là, l'appareil de Flash Airlines s'était abîmé en mer Rouge trois minutes après son décollage de la station balnéaire, tuant ses 135 passagers français et ses 13 membres d'équipage. Soit l'un des accidents aériens les plus meurtriers impliquant des Français, dont parfois plusieurs membres d'une même famille. L'enquête judiciaire ouverte en France avait fait l'objet d'un premier non-lieu en 2017. Et ce, malgré la très forte implication des familles : elles avaient elles-mêmes missionné des experts dont le rapport, publié en 2007, avait épinglé tous les acteurs, y compris la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), pour n'avoir pas interdit de vol la compagnie.

Saisie par les familles de victimes, la cour d'appel de Paris avait ordonné en 2019 la reprise des investigations par un juge parisien, jugeant "insuffisantes" les tentatives menées au cours de l'instruction pour recueillir les explications de l'ex-président du conseil d'administration de Flash Airlines. Le patron de la compagnie égyptienne Mohamed Nour, qui pendant longtemps n'avait pas répondu aux convocations de la justice française, a ainsi été placé fin septembre 2021 sous le statut intermédiaire de témoin assisté dans cette enquête, avant finalement d'être mis en examen trois mois plus tard pour homicides involontaires.

Dans ses réquisitions, signées le 22 décembre et dont l'AFP a eu connaissance mercredi, le parquet relève que les "nombreux manquements, calculs approximatifs et analyses sommaires" des deux pilotes, morts dans le crash, constituent "la cause directe" du crash. Pour le ministère public, les fautes pénales principales sont "bien évidemment et en premier lieu imputables" à Flash Airlines, qui se voit reprocher un manque de formation de ses pilotes et de mauvaises conditions de travail favorisant leur mauvaise réaction le jour de l'accident.

Si ni Flash Airlines, liquidée judiciairement, ni les pilotes, morts dans le crash, ne peuvent voir leur responsabilité pénale engagée, ce n'est pas le cas de l'ancien dirigeant. Le parquet considère que Mohamed Nour, en tant que représentant légal de la compagnie, peut être jugé pour homicides involontaires pour avoir contribué à la survenue du drame, en n'ayant pas veillé à la fatigue de l'équipage ou à la qualité de leur formation. La décision finale sur un procès revient aux deux juges d'instruction saisies du dossier. 


T.G.

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