Crise migratoire à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne

Migrants : l'UE va "durcir les sanctions" contre Minsk, Loukachenko veut "les mettre tous dans des avions"

Idèr Nabili avec AFP
Publié le 15 novembre 2021 à 10h35
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Source : JT 20h WE

CRISE MIGRATOIRE - Le chef de la diplomatie allemande a assuré que l'UE allait "durcir les sanctions" à l'encontre de la Biélorussie, accusée de faire pression sur l'Europe. En réponse, la Biélorussie assure travailler "activement" à faire rentrer chez eux les migrants.

Les tensions entre l'Union européenne et la Biélorussie se poursuivent. Alors que plusieurs milliers de migrants sont toujours bloqués à la frontière polono-biélorusse, aux portes de l'Union européenne, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a affirmé que de nouvelles sanctions allaient voir le jour à l'encontre du pays d'Alexandre Loukachenko. L'UE va "durcir les sanctions", a-t-il assuré ce lundi 15 novembre, tandis que les pays européens accusent la Biélorussie d'être à l'origine de l'afflux de réfugiés et de les avoir conduits à la frontière pour faire pression sur l'Europe.

Le président biélorusse Alexandre "Loukachenko exige que nous supprimions toutes les sanctions. Nous donnerons notre réponse aujourd'hui : nous allons encore durcir les sanctions", a martelé Heiko Maas à son arrivée à Bruxelles pour une réunion des 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE. Selon lui, l'Europe va agir avec "sévérité" contre les personnes impliquées dans le trafic de migrants, estimant aussi que "des sanctions économiques sévères sont inévitables". "Il n'y a pas d'alternative raisonnable", a-t-il ajouté.

Les choses reviennent sous contrôle

Josep Borrell

"Concernant l'afflux de réfugiés, les choses reviennent sous contrôle", a estimé de son côté le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, qui s'est entretenu dimanche avec le ministre biélorusse des Affaires étrangères, Vladimir Makei, premier contact de haut niveau entre l'UE et Minsk depuis le début de cette crise.

"Aujourd'hui nous allons approuver un nouveau paquet de sanctions contre les Biélorusses responsables", a-t-il poursuivi. "Et nous allons élargir le cadre de ces sanctions pour les appliquer à d'autres personnes, compagnies aériennes, agences de voyages, et tous ceux qui sont impliqués dans l'acheminement illégal de migrants à nos frontières."

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En réponse, la Biélorussie a assuré travailler "activement" à faire rentrer chez eux les migrants. "Nous sommes prêts, comme nous l'avons toujours fait, à les mettre tous dans des avions [...] qui les ramèneront à la maison", a affirmé ce lundi Alexandre Loukachenko, selon l'agence d'État Belta. "Un travail actif est en cours pour convaincre ces gens, 's'il vous plaît, rentrez', mais personne ne veut rentrer."

"Je tiens à le souligner, nous ne voulons aucun conflit à notre frontière", a poursuivi le chef d'État biélorusse. "Ce serait pour nous absolument dommageable", a conclu Alexandre Loukachenko, toujours selon Belta, accusant en parallèle la Pologne "d'avoir besoin" de cette crise à cause de ses "problèmes internes" et de tensions avec ses partenaires de l'UE.

La Russie au soutien de Loukachenko

La Biélorussie a d'ailleurs reçu le soutien de son alliée, la Russie. Le Kremlin a jugé ce lundi "erroné" de rejeter toute la responsabilité de la crise migratoire sur le président Loukachenko. "Rejeter toute la responsabilité sur Loukachenko, sur la partie biélorusse, c'est tout à fait erroné", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Les services du président russe Vladimir Poutine déplorent également que l'UE "fasse abstraction des idéaux européens d'humanisme" face aux milliers de migrants bloqués dans le froid sous des tentes de fortune.


Idèr Nabili avec AFP

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