Affaire des sous-marins : une crise inédite entre la France, l'Australie et les États-Unis

Crise des sous-marins : l'Australie va dédommager l'entreprise française Naval Group pour rupture de contrat

Antoine Llorca avec l'AFP
Publié le 11 juin 2022 à 7h04, mis à jour le 11 juin 2022 à 13h33
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Source : JT 13h WE

Le gouvernement australien a dévoilé ce samedi un accord de compensation après sa rupture unilatérale du "contrat du siècle" fin 2021.
Le gouvernement a affirmé prendre acte de cette annonce qui permet de "regarder vers l'avant".
L'affaire des sous-marins avait provoqué une crise diplomatique sans précédent entre la France et l'Australie.

Une compensation pour un "coup dans le dos", comme l'avait appelé l'ancien ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. L'Australie a dévoilé ce samedi un accord de compensation massive avec le fabricant français de sous-marins Naval Group, mettant un terme financier à un conflit qui a envenimé les relations entre Canberra et Paris pendant près d'un an. 

Le nouveau Premier ministre australien Anthony Albanese a déclaré que l'entreprise française avait accepté un "règlement juste et équitable" de 555 millions d'euros, pour la rupture du gigantesque contrat de 56 milliards d'euros, qui avait occasionné une crise diplomatique entre Paris et Canberra à l'automne dernier. Une information confirmée par le groupe français quelques heures plus tard.

Le ministre français des Armées Sébastien Lecornu a déclaré "prendre acte" de l'accord. "Je prends acte que cet accord convient à Naval Group (...) cet accord est important parce qu'il va nous permettre d’ouvrir une nouvelle page dans notre relation bilatérale avec l’Australie et de regarder vers l’avant", a déclaré le ministre à des journalistes à Singapour.

Une crise diplomatique sans précédent

En septembre 2021, le Premier ministre australien d'alors Scott Morrison avait mis fin soudainement au contrat français en préparation depuis une dizaine d'années. Le chef du gouvernement annonçait que son pays achèterait des sous-marins à propulsion nucléaire américains ou britanniques, un changement majeur pour un pays aux faibles capacités nucléaires.

Scott Morrison avait été très vivement critiqué par Emmanuel Macron qui l'a accusé de tromperie et duplicité. Le chef de l'État avait rappelé dans la foulée son ambassadeur d'Australie en signe de protestation. Depuis, les relations entre les deux pays sont glaciales. L'élection en mai d'Anthony Albanese, de centre gauche, devrait changer la donne.

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2,4 milliards d'euros

Au total, l'échec du contrat des sous-marins français aura coûté 2,4 milliards de dollars aux contribuables australiens, a précisé leur Premier ministre, sans qu'ils aient pu en tirer un quelconque bénéfice. Le contrat de sous-marins constitue la pièce maîtresse de la stratégie australienne de défense face à une Chine à l'influence grandissante dans la région sous la présidence de Xi Jinping.

Les sous-marins à propulsion nucléaire pourraient permettre à l'Australie d'opérer de façon plus furtive et plus dissuasive vis-à-vis de la Chine. Mais une grande incertitude règne sur l'échéance à laquelle l'Australie pourra effectivement posséder ces appareils. Le premier sous-marin américain ou britannique ne sera vraisemblablement pas en service avant des décennies, ce qui laissera un vide pour l'Australie dont la flotte actuelle est vieillissante.

Rétablir le lien

Depuis son arrivée au pouvoir, Anthony Albanese s'est empressé de rétablir les relations tendues avec la France, la Nouvelle-Zélande et les nations insulaires du Pacifique qui reprochaient au gouvernement conservateur de Morrison précédent sa lenteur en matière de changement climatique. "Nous sommes en train de rétablir une meilleure relation entre l'Australie et la France", a déclaré M. Albanese, se disant "impatient de répondre à l'invitation que m'a faite le président Macron de me rendre à Paris à la première occasion".


Antoine Llorca avec l'AFP

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