Vladimir Poutine a signé officiellement ce lundi un décret visant à reconnaître immédiatement l'indépendance des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.
Après cette annonce, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a réagi sans tarder promettant des sanctions.

Vladimir Poutine a décidé ce lundi de reconnaître les territoires de Donetsk et de Lougansk en Ukraine, où vivent environ trois millions de personnes, en tant qu'entités indépendantes, faisant fi des pressions des Occidentaux qui ont vivement dénoncé cette décision risquant de mettre le feu aux poudres. Quelques minutes après cette annonce faite à la télévision russe, l’Union européenne a fait savoir d’une seule voix qu’"elle réagira par des sanctions à l'encontre des personnes impliquées dans cet acte illégal", ont déclaré dans un communiqué commun le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, soulignant que "cette mesure constitue une violation flagrante du droit international ainsi que des accords de Minsk"

De son côté, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a annoncé son intention de soumettre aux ministres des Affaires étrangères de l'UE des mesures prévues dans le paquet de sanctions préparé en cas d'agression militaire de l'Ukraine par la Russie. "S'il y a annexion, il y aura des sanctions et s'il y a reconnaissance, je mettrai les sanctions sur la table et les ministres décideront", a-t-il indiqué, ajoutant que les sanctions européennes doivent être décidées à l'unanimité et "l'unanimité sur le dossier de l'Ukraine est garantie". La convocation d'un sommet européen extraordinaire est envisagé en cas d'agression militaire russe en Ukraine, a-t-on par ailleurs précisé de source européenne. Emmanuel Macron, lui, a demandé "une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies", et réclamé des "sanctions européennes ciblées" à l'encontre de Moscou, selon un communiqué de l'Élysée. Dans la soirée, Paris a précisé que l'Union Européenne allait prendre des sanctions contre des entités et des individus russes.

Les sanctions financières signifieraient que la Russie serait pratiquement coupée des marchés financiers internationaux.
Ursula Von der Leyen

La Commission européenne a d'ores et déjà préparé des options de sanctions économiques et financières et les services de Josep Borrell des sanctions ciblées permettant de frapper des oligarques proches de Vladimir Poutine. "Si Vladimir Poutine déclenche une guerre, nous répondrons avec le levier le plus puissant dont nous disposons : des sanctions économiques et financières, car l'économie est le point faible de la Russie", avait déclaré dimanche la présidente de la Commission européenne, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision allemande ARD. "Les sanctions financières signifieraient que la Russie serait pratiquement coupée des marchés financiers internationaux", a-t-elle précisé. Et de poursuivre : "les sanctions économiques toucheraient tous les biens dont la Russie a besoin de toute urgence pour moderniser et diversifier son économie, mais qui sont produits par nous, où nous avons une domination mondiale et que la Russie ne peut pas remplacer".

Pendant ce temps, un peu moins d’une heure après la fin de l’allocution de Vladimir Poutine, Joe Biden a tenu ses promesses : les États-Unis ont annoncé "des sanctions" non pas contre la Russie, mais contre les régions séparatistes en Ukraine et ont prévenu que d'autres mesures étaient prêtes si nécessaire. Le président Biden va "publier un décret qui interdira tout nouvel investissement, échange ou financement par des personnes américaines à destination, en provenance ou dans les régions" prorusses de Donetsk et Lougansk, a indiqué sa porte-parole, Jen Psaki. 

"Que cela soit clair : ces mesures sont distinctes et s'ajouteraient aux mesures économiques rapides et sévères que nous avons préparées en coordination avec nos alliés et partenaires si la Russie venait à envahir davantage l'Ukraine", a précisé la porte-parole de Joe Biden dans un communiqué. Washington a aussi maintes fois affirmé que le gazoduc Nord Stream 2, qui relie 

la Russie à l'Allemagne par la voie maritime, n'entrerait pas en activité si Moscou venait à attaquer l'Ukraine. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson va présider mardi matin une réunion de crise concernant la situation en Ukraine pour décider d'un "important paquet de sanctions" contre Moscou, a annoncé Downing Street. "Le Premier ministre présidera une réunion (de crise) COBR à 6H30 (locales et GMT) demain matin pour discuter des derniers développements en Ukraine et pour coordonner la réponse du Royaume-Uni, notamment en convenant d'un paquet important de sanctions à introduire immédiatement", a déclaré un porte-parole du dirigeant britannique. 


V. F, avec AFP

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