CRISE - Dans la nuit de mercredi à jeudi, des "dizaines" de manifestants ont été abattues par les forces de l'ordre au Kazakhstan. Le pays, en pleine crise énergétique, fait face à des émeutes chaotiques d'une ampleur sans précédent.

La situation s'envenime au Kazakhstan, en proie à des émeutes chaotiques depuis plusieurs jours. Alors qu'ils tentaient de s'emparer de bâtiments administratifs et de commissariats, des "dizaines" de manifestants ont été tués par la police kazakhe dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 janvier. "Plus de mille personnes ont été blessées à la suite des émeutes dans différentes régions du Kazakhstan, près de 400 d'entre elles ont été hospitalisées et 62 personnes sont en soins intensifs", a par ailleurs indiqué le vice-ministre Ajar Guiniat à l'antenne de la chaîne Khabar-24 et cité par les agences Interfax et TASS. 

Le mouvement de colère, débuté dimanche 2 janvier en province en raison d'une hausse des prix du gaz, s'est depuis étendu à la plus grande ville du pays, Almaty. Les images diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux ont montré des scènes de chaos avec des magasins pillés et certains bâtiments investis et incendiés, tandis que des tirs d'arme automatique pouvaient être entendus. Le président Kassym-Jomart Tokaïev a jusque-là échoué à calmer les protestations, malgré une concession sur le prix du gaz, la démission du gouvernement et l'instauration de l'état d'urgence et d'un couvre-feu nocturne dans le pays.

Moscou envoie des troupes de maintien de la paix

Résultat du chaos ambiant, l'uranium, dont le Kazakhstan est l'un des principaux producteurs mondiaux a vu son prix fortement augmenter. Dans le même temps, le cours des actions des entreprises nationales s'est effondré à la bourse de Londres. Le pays est connu pour être une place forte du "minage" de Bitcoin, qui connaît également une forte chute.

Pour apaiser les tensions, la Russie voisine et ses alliés de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) ont annoncé l'envoi d'un premier contingent de forces de maintien de la paix au Kazakhstan. Celui-ci sera sur place "pour une période limitée afin de stabiliser et de normaliser la situation", a indiqué l'alliance militaire dans un communiqué diffusée sur Telegram par la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova.

Une crise énergétique devenue politique

Il était impossible jeudi d'avoir une vision complète de la situation dans le pays, à cause notamment de problèmes dans le fonctionnement de l'internet. La colère des manifestants est notamment dirigée vers l'ancien président Noursoultan Nazarbaïev, qui a régné sur le Kazakhstan de 1990 à 2019 et qui conserve une grande influence dans les affaires courantes du pays. À 81 ans, est considéré comme le mentor du président actuel Kassym-Jomart Tokaïev. Cet allié du président russe Vladimir Poutine était également resté président du puissant Conseil de sécurité, fonction qui depuis lui a été retirée.

Moscou a appelé mercredi à résoudre la crise qui couve par le dialogue "et non par des émeutes de rues et la violation des lois". Les États-Unis et l'Union européenne ont pour leur part demandé de la "retenue" à toutes les parties.


La rédaction de TF1info avec AFP

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