Crise migratoire : les 27 pays membres de l'UE trouvent un accord

par M.T avec AFP
Publié le 4 octobre 2023 à 17h48

Source : JT 13h Semaine

Les ambassadeurs des pays de l'Union Européenne se sont mis d'accord sur un texte clé de la réforme de la politique migratoire européenne.
"Un tournant historique", selon le chancelier allemand Olaf Scholz.

Les ambassadeurs des pays de l'Union européenne, réunis ce mercredi à Bruxelles, se sont mis d'accord sur un texte clé de la réforme de la politique migratoire européenne. Le but : organiser une réponse européenne en cas d'afflux massif de migrants dans un des pays de l'UE. Une situation qui fait suite à l’état d’urgence décrété à Lampedusa, le 15 septembre, après l’arrivée en seulement quelques jours de plus de 12.000 migrants dans près de 120 bateaux sur les côtes de l’île italienne. 

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen avait appelé les autres pays de l’UE à accueillir une partie des migrants arrivés en Italie. 

Durcissement des mesures pour les migrants

Ce texte prévoit, en cas d'afflux "massif" de migrants, la mise en place d'un régime moins protecteur pour les demandeurs d'asile. Il prolonge également la durée possible de détention d'un migrant aux frontières extérieures de l'UE, jusqu'à 40 semaines, et permet d'examiner plus rapidement les demandes d'asile pour un plus grand nombre d'exilés afin de pouvoir les renvoyer plus facilement.

Il prévoit par ailleurs des mécanismes de solidarité envers l'État membre confronté à cet afflux, notamment sous la forme de relocalisations de demandeurs d'asile ou d'une contribution financière. "Un tournant historique", a salué dans la foulée le chancelier allemand Olaf Scholz.

Dernière pièce du "Pacte asile et migration" de l'UE, cet accord s'était heurté pendant plusieurs mois aux objections de l'Allemagne. Le pays s'était notamment abstenu en raison de l'opposition des Verts, membres de la coalition au pouvoir, qui réclamaient des aménagements pour les mineurs et les familles. Pour pousser les Vingt-Sept à s'accorder sur ce règlement, le Parlement européen a décidé de mettre sur pause les négociations déjà entamées avec les États membres sur deux autres textes du paquet migratoire visant à renforcer la sécurité aux frontières extérieures. 

Une réponse européenne qui nous renvoie à la crise des réfugiés de 2015-2016. À l'époque, devant l’intensification du conflit en Syrie, de plus en plus de réfugiés avaient fui le pays en guerre et tenté de rejoindre l’Europe via la Turquie. L’été suivant, de nombreux réfugiés avaient abordé les petites îles grecques. 

La Commission européenne avait alors fait voter un système de relocalisation des migrants dans chaque pays de l’UE en fonction d’une clé de répartition prenant en compte à la fois la situation économique et la démographie, afin de soulager les pays de la côte sud de l’Europe les plus touchés.

La brûlante question migratoire sera au cœur des discussions, vendredi, lors du sommet des Vingt-Sept à Grenade (Espagne). Cet accord doit encore être négocié avec le Parlement européen. 


M.T avec AFP

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