Le logiciel espion Pegasus détecté dans le téléphone de l’eurodéputée Nathalie Loiseau

Publié le 23 février 2024 à 14h22

Source : JT 20h Semaine

La présence du logiciel espion Pegasus a été détectée dans les téléphones de deux eurodéputées, dont Nathalie Loiseau.
Des procédures de vérifications sont toujours en cours, et il n’est donc pas à exclure que d’autres membres du Parlement européen aient pu faire l’objet de cyberespionnage par l'intermédiaire de logiciels espions.

Une affaire de cyberespionnage qui a de quoi inquiéter à quelques mois des élections européennes. L’eurodéputée Nathalie Loiseau (Horizons, groupe Renew Europe) et membre de la sous-commission de sécurité et de défense (SEDE) a vu son téléphone infiltré par le logiciel espion Pegasus, selon des informations du média en ligne Politico publiées ce jeudi 22 février. Cinq jours plus tôt, l’ancienne ministre des Affaires européennes avait affirmé avoir été la cible de ce logiciel espion de conception israélienne, dans un entretien accordé nos confrères du magazine Le Point

Le logiciel Pegasus au cœur d'un scandale révélé en 2021

L'eurodéputée Nathalie Loiseau, qui a depuis changé d'appareil, expliquait dans les colonnes de l'hebdomadaire, le 17 février dernier, faire régulièrement vérifier son téléphone. Ce mercredi, le média en ligne rapportait que l'institution avait demandé à tous les membres de la sous-commission de faire analyser leurs téléphones pour s'assurer que ceux-ci n'étaient pas "sous écoute", après la découverte de "traces" de ce logiciel espion dans trois téléphones. Il s'agit de ceux de Nathalie Loiseau, d'une autre élue, Elena Yoncheva, députée bulgare et membre de la même sous-commission ; et d'un collaborateur parlementaire lui aussi membre de ce comité, dont l’identité n’a pas été révélée, indique Politico

Des procédures de vérifications sont toujours en cours, et il n’est donc pas à exclure que d’autres membres du Parlement européen aient pu faire l’objet de cyberespionnage par l'intermédiaire de logiciels espions. Au regard de ces annonces pour le moins inquiétantes, un eurodéputé du groupe des Verts a déclaré au média en ligne qu'il demanderait un "débat sur les incidents liés aux logiciels espions lors de la séance d'ouverture de la prochaine session plénière à Strasbourg", qui doit s’ouvrir le 26 février. Conçu par la société israélienne NSO, le logiciel Pegasus permet d'accéder au micro et à la caméra d'un téléphone ainsi qu'à ses fichiers.

Il a notamment été au cœur d'un scandale révélé en 2021 par un consortium de rédactions internationales. Ces médias avaient alors mis en évidence la surveillance de centaines de personnes dans le monde, dont des journalistes et des membres du gouvernement français, pour le compte d'une dizaine d’États. En dépit de ce scandale, les sociétés de surveillance demeurent peu régulées. En novembre dernier, pour des raisons de sécurité, la Première ministre d'alors, Elisabeth Borne, avait demandé à ses ministres et à leurs équipes de se tourner vers l'application de messagerie française Olvid, qui se veut plus sécurisée que WhatsApp et consorts.


Matthieu DELACHARLERY

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