La Chine face à une nouvelle flambée de Covid-19

De Shanghai à Urumqi : retour sur 8 mois de protestations en Chine

Julien Vattaire avec AFP
Publié le 29 novembre 2022 à 7h27
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Source : Le JT

En Chine, la politique du "zéro Covid" ne fait plus l'unanimité.
Les manifestations sont de plus en plus nombreuses.
La protestation a lieu en ligne mais aussi dans la rue.

Le mécontentement gronde en Chine. Depuis le début de l'année, une vague de protestations sans précédent contre la politique draconienne du "zéro Covid" appliquée par le régime chinois depuis près de trois années, existe sur les réseaux sociaux mais aussi dans la rue. 

Les premiers signes de grogne ont vu le jour en avril dernier. Un montage vidéo de six minutes montrait des habitants de Shanghai désespérés face à un nouveau confinement imposé. Devenue virale sur les réseaux sociaux, la vidéo avait finalement été censurée par les autorités chinoises. 

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En mai, le mécontentement a gagné un campus de l'université d'élite de Pékin. Ils dénonçaient les mesures strictes de confinement qui accordaient une plus grande liberté de mouvement au personnel universitaire qu'aux étudiants. La manifestation a finalement pris fin après un assouplissement de certaines restrictions

De mai à juillet, le gel des dépôts dans plusieurs banques rurales a provoqué la mobilisation de centaines de Chinois dans la capitale régionale Zhengzhou. Certains ont indiqué que le code de leur pass sanitaire était inexplicablement devenu rouge à leur arrivée à Zhengzhou, les empêchant de voyager et ont accusé les autorités de trafiquer le système. 

Des protestations au Tibet

La protestation s'est également propagée jusqu'au Tibet, et sa capitale Lhassa. En octobre, des centaines de personnes ont organisé une manifestation pour protester contre le confinement qui a duré près de trois mois. On y trouvait notamment des travailleurs migrants de l'ethnie chinoise Han, désireux de rentrer chez eux. 

"Pas de tests Covid, je veux gagner ma vie. Pas de révolution culturelle, je veux des réformes. Pas de confinement, je veux la liberté", pouvait-on lire sur une banderole d'un manifestant, accrochée à un pont de Pékin en octobre. Une seconde banderole appelait les citoyens à se mettre en grève et à chasser "le traître dictateur Xi Jinping". Cette action a eu lieu peu de temps avant l'ouverture du congrès du parti communiste chinois.

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En novembre, des heurts ont opposé des manifestants à la police dans la métropole de Canton (Sud), après l'extension du confinement en raison d'une recrudescence des infections. Des vidéos sur les réseaux sociaux ont montré des centaines de personnes descendant dans la rue, certaines arrachant les cordons destinés à empêcher les habitants confinés de sortir de chez eux. "Plus de tests", scandaient les manifestants, dont certains jetaient des projectiles sur la police. 

La plus grande usine d'iPhone du monde abrite également un foyer de contestation. Des centaines d'employés de l'usine du géant taïwanais Foxconn ont manifesté en raison de différends concernant leurs salaires et leurs conditions de travail, alors que la ville de Zhengzhou (centre), où se trouve l'usine, est confinée depuis octobre. Le géant taïwanais Foxconn a finalement offert aux nouvelles recrues une prime équivalente à 1400 dollars pour mettre fin à leur contrat et partir, dans le but d'éradiquer l'agitation. 

Finalement, vendredi soir, des centaines de personnes sont descendues dans les rues d'Urumqi, la capitale du Xinjiang.  "Levez les mesures de confinement", était notamment scandé par les manifestants. Cette action a eu lieu après la mort de dix personnes dans l'incendie d'un immeuble jeudi. Des internautes ont soutenu que les mesures de confinement avaient empêché les habitants de quitter leur domicile à temps et retardé l'accès des secours. Depuis, une vague de protestations et de veillées à travers le pays, dans de grandes villes comme Shanghai ou sur des campus chinois, est en route. 


Julien Vattaire avec AFP

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