Deepfake : un faux appel vocal de Joe Biden demande à des électeurs démocrates de ne pas voter à la primaire

Publié le 25 janvier 2024 à 17h51

Source : JT 20h WE

Des électeurs démocrates du New Hampshire ont reçu, il y a quelques jours, avant la primaire du parti, un message les encourageant à ne pas se rendre aux urnes.
La voix entendue était celle du président américain, reproduite artificiellement.
Une enquête a été ouverte après qu’une plainte a été déposée par un responsable du parti démocrate.

Dans l’État américain du New Hampshire, de nombreux électeurs démocrates ont reçu un appel pour le moins surprenant, juste avant la primaire, qui s'est tenue mardi 23 janvier. Ils ont entendu un message vocal automatisé avec la voix du président Joe Biden, les invitant à ne pas se rendre dans les bureaux de vote. Comme le rapporte la chaîne américaine NBC News, le message débuté par "What a bunch of malarkey" ("Quel tas de bêtises" en français), une expression que l’actuel locataire de la Maison Blanche a utilisé à plusieurs reprises par le passé. "Voter ce mardi ne fait que permettre aux républicains d'élire à nouveau Donald Trump", déclarait ensuite la voix de Joe Biden, avant de conclure : "Il est important que vous gardiez votre vote pour l'élection de novembre"

Le numéro qui s’affichait sur l’écran des destinataires de l’appel était celui l’ancienne présidente du parti démocrate du New Hampshire, Kathy Sullivan, qui dirige aujourd'hui un comité de soutien de Joe Biden. Ce qui a pu convaincre certains électeurs que le parti démocrate était à l’origine de l’appel. 

Pourtant, bien que la voix entendue ressemble à celle du président Biden, ce message semble avoir été généré artificiellement, a déclaré le bureau du procureur général."Ces messages paraissent être une tentative illégale de perturber l'élection primaire présidentielle du New Hampshire et d'empêcher les électeurs du New Hampshire de voter", a-t-il ajouté. Une enquête a été ouverte après le dépôt d’une plainte.

On ignore pour le moment combien d’électeurs ont reçu l'appel et si celui-ci ciblait un type d'électeurs en particulier. L’équipe de campagne de Donald Trump, elle, a déclaré n’avoir "rien à voir" avec cette affaire, indique la chaîne américaine NBC News, en citant un porte-parole.

L'affaire donne un aperçu terrifiant de la facilité avec laquelle il est désormais possible de peser sur une élection. À partir d'un enregistrement de quelques secondes de la voix d'une personne, des outils utilisant les technologies d’intelligence artificielle (IA), facilement accessible en ligne, permettent aujourd’hui d’imiter une voix de manière suffisamment réaliste pour piéger des collaborateurs de travail, des proches ou, dans le cas présent, des électeurs. 

"C'est la première affaire et il y en aura beaucoup, beaucoup d'autres", a d'ailleurs déclaré, auprès du média américain Wired, Ilya Mouzykantskii, PDG de l'entreprise Civox, qui crée des assistants vocaux à usage des campagnes politiques. 


Matthieu DELACHARLERY

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