Athènes et Varsovie ont réclamé à l’Union européenne de mettre en place un "bouclier" antiaérien afin de mieux se protéger, en pleine guerre entre la Russie et l’Ukraine.
Ce jeudi, les deux pays ont adressé une lettre conjointe à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour transmettre leur demande.

Bientôt un bouclier antimissile au niveau européen ? C’est en tout cas ce que souhaitent la Pologne et la Grèce. Les deux pays européens ont en effet adressé un communiqué commun à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ce jeudi 23 mai, demandant d’élaborer un "bouclier" antiaérien au sein de l’Union européenne. 

"L'Europe sera sûre aussi longtemps que le ciel au-dessus de sa tête sera sûr", ont indiqué le Premier ministre polonais Donald Tusk et son homologue grec Kyriakos Mitsotakis dans leur lettre. Cette proposition intervient alors que les 27 peinent déjà à trouver les financements nécessaires au développement de leurs industries de défense, qui avait été renforcé à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022

L'espace aérien de la Pologne et de la Roumanie, voisins de l'Ukraine, a notamment déjà été traversé à plusieurs reprises par des missiles ou des drones, en conséquence du conflit en cours à leurs frontières. "Le bouclier de défense antiaérienne doit être un programme qui répond à cette vulnérabilité majeure de notre sécurité", estiment les deux chefs de gouvernement européens dans leur lettre.

Ce "bouclier" antiaérien bientôt en discussion ?

Leur demande semble avoir fait mouche : Ursula von der Leyen y a fait référence à l'occasion d'un débat ce jeudi à Bruxelles entre les principaux candidats à sa succession, dont elle-même fait partie. la présidente a réclamé que la prochaine Commission, qui entrera en fonction après les élections européennes de juin prochain, lance des projets en commun dans le domaine de la défense, sous la forme "par exemple d'un bouclier antiaérien pour tous".

Il faut dire que la faiblesse de la défense antimissile de l'UE a été récemment mise en évidence par l'échec de la plupart des pays européens à répondre à la demande croissante des Ukrainiens en termes de provisions d’armes. Ces derniers réclament des systèmes supplémentaires de défense antiaérienne, au moment où leurs infrastructures et populations sont pilonnées par les forces russes. Donald Tusk et Kyriakos Mitsotakis souhaitent faire avancer leur proposition lors d'un prochain sommet de l’Union européenne, prévu en juin prochain. 

Côté français, Emmanuel Macron s'était dit favorable pour "ouvrir le débat" autour de la défense européenne fin avril. Le président avait plaidé pour une "Europe puissante" et la constitution d'une Europe de la défense "crédible" aux côtés de l'Otan. "Cela peut signifier déployer des boucliers antimissiles, mais il faut être sûr qu'ils bloquent tous les missiles et dissuadent de l'utilisation du nucléaire", avait alors avancé Emmanuel Macron.


L.H avec AFP

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