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"Demain, c'est la guerre" : la perquisition chez Donald Trump agite ses adeptes

Felicia Sideris
Publié le 9 août 2022 à 16h33, mis à jour le 16 août 2022 à 7h43
JT Perso

Source : Sujet JT LCI

La résidence de Donald Trump en Floride a été perquisitionnée ce lundi par le FBI.
L'ancien président a dénoncé une "persécution politique", poussant ses adeptes à réagir.
Certains appellent à se mobiliser, quand d'autres pensent au contraire que tout cela s'inscrit dans un "plan" à grande échelle.

Cette étape ne faisait pas partie du "plan" initial. Pour les partisans de Donald Trump, les récents événements ont fait l'effet d'une douche froide. Alors qu'ils considèrent que l'ancien président des États-Unis devait retourner à la Maison Blanche dès le 4 mars, cinq mois plus tard, c'est une tout autre réalité qui se joue devant leurs yeux. Ce lundi 9 août, la résidence de leur mentor à Mar-a-Lago, en Floride, a été perquisitionnée par le FBI. De quoi provoquer l'incompréhension et la colère au sein de la sphère QAnon.

Appel à "faire confiance au plan"

Pour rappel, cette mouvance n'a jamais cessé de croire que l'ancien président était le locataire légitime de la Maison Blanche. Selon leur théorie, le magnat de l'immobilier serait toujours en train de mener sa "guerre" contre "l'État profond", malgré sa défaite à la présidentielle. Mais à mesure que les semaines passent, leur récit fictif se heurte de plus en plus à la réalité des faits. Si certains ont peu à peu pris conscience de l'aspect fallacieux de leur croyance, d'autres tentent tant bien que mal d'adapter leurs convictions à la réalité, en affirmant à chaque fois que les nouvelles informations font partie intégrante d'un plan à large échelle pour lutter contre les "élites".

La perquisition du FBI ne déroge pas à cette règle. Plusieurs influenceurs historiques de cette sphère, habitués aux convulsions pour tordre la réalité, estiment ce lundi que l'investigation du service fédéral serait liée au plan de "Q". Pour ce faire, ils s'appuient notamment sur un message de cet anonyme à l'origine du mouvement qui remonte à plus de quatre ans. Publié en février 2018, il appelait à "faire confiance à Wray", l'actuel directeur du FBI nommé par Donald Trump quelques mois plus tôt. 

Autre argument utilisé : en avril de la même année, "Q" aurait déclaré que lorsque les autorités fouillaient dans le passé de Donald Trump, c'était une "couverture"  pour trouver d'autres documents sensibles. Une stratégie qui serait en train de se reproduire, selon cet internaute suivi par 114.000 personnes. "Je suis 100% calme, faites confiance au plan", a écrit cet adepte de QAnon.

Un membre de la mouvance QAnon affirme que la perquisition chez Donald Trump fait partie du "plan" de "Q", le lundi 8 août 2022 - Telegram

Cependant, tous les pro-Trump ne vont pas aussi loin que ces amateurs des théories alambiquées. S'ils ne saluent pas l'action des autorités comme une étape du "plan", ils considèrent tout de même qu'elle est une bonne nouvelle. Car elle serait en fait "le signe que les globalistes jettent leurs dernières forces dans une bataille qu'ils ont déjà perdue", pour reprendre l'expression de Silvano Trotta, un fervent défenseur de Donald Trump en France. "Ils savent que rien ne peut arrêter ce qui va arriver", plaide un autre. 

Un ton à mille lieux de celui utilisé par les cadres des républicains. À commencer par le 45ᵉ président des États-Unis. Évoquant un "raid inopiné" sur sa résidence, il a accusé le procureur d'avoir commis une "faute". "Il s'agit d'une instrumentalisation du système judiciaire et d'une attaque des démocrates de la gauche radicale qui ne veulent absolument pas que je me présente à la présidence en 2024", a-t-il écrit dans une communication, décrivant un assaut "qui ne peut avoir lieu que dans des pays du tiers-monde en ruine". "Est-ce-qu'on n'est pas dans une guerre civile à ce niveau-là ?", s'est même interrogé un adepte de Donald Trump. 

La chaîne Fox News était quant à elle en boucle sur ce "raid", dénonçant, elle aussi, une justice aux ordres de la gauche et une "république bananière". Au micro de la chaîne ultra-conservatrice, Eric Trump est même allé jusqu'à déclarer qu'il n'y avait "pas de famille dans l'histoire américaine qui ait pris plus de flèches dans le dos que la famille Trump". En oubliant peut-être un peu vite le sort réservé aux Kennedy. Une députée issue des rangs QAnon, Marjorie Taylor, a quant à elle appelé à stopper le financement du FBI. Pour rappel, la personne à la tête du service fédéral a été nommée par Donald Trump. 

"Quand est-ce qu'on commence à tirer ?"

S'ils ne sont pas unanimes sur le constat, les partisans de Trump sont en tout cas tous d'accord pour se mobiliser. Quand certains adeptes appelaient Ron DeSantis, gouverneur républicain de Floride, à appeler sa police pour intercepter les forces de l'ordre fédérales, d'autres enjoignaient les partisans de l'ancien président à manifester autour de Mar-a-Lago. Un appel entendu. Selon la NBC, des dizaines de véhicules se sont réunis dans la soirée pour dénoncer cette perquisition. Les véhicules, ornés de banderoles portant le nom de Donald Trump ou des drapeaux américains à son effigie, ont applaudi, crié et klaxonné aux abords de la résidence de Trump. "Nous vivons dans un État policier où le FBI et les démocrates utilisent le système judiciaire à des fins politiques comme si nous étions dans un pays du tiers monde", a déclaré un manifestant, à la NBC, reprenant les éléments de langage de l'ancien président.

D'autres veulent aller encore plus loin. Selon le témoignage d'un journaliste de la NBC, les messages sur les forums pro-Trump hier soir étaient "aussi violents qu'avant le 6 janvier", lors de l'assaut du Capitole, "peut-être même plus". Pour clôturer la soirée, Steven Crowder, influenceur de cette sphère agitée, a écrit à ses 1,9 million d'abonnés : "Demain, c'est la guerre. Dormez bien."

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