Des garde-côtes russes ont déplacé des bouées placées sur la rivière Narva à la frontière de l'Estonie dans la nuit du 22 au 23 mai.
La Russie avait déjà contesté l'emplacement d'environ la moitié des bouées sur ces eaux.
Cet "incident frontalier" est vu comme une tentative de provoquer la peur en Estonie.

Depuis hier, un incident diplomatique entre la Russie et l’Estonie est au cœur de débats houleux. Celui-ci intervient après que des garde-côtes estoniens ont déclaré ce 24 mai que leurs homologues russes avaient retiré pendant la nuit du 22 au 23 mai des bouées placées sur la rivière Narva. Cette zone stratégique relie directement le lac Peïpous au golfe de Finlande. 

Un "incident frontalier" dans un contexte extrêmement tendu

La limite entre les deux pays est marquée par des bouées dont une cinquantaine avaient été ancrées le 13 mai dernier. Celles-ci sont utilisées pour éviter aux bateaux de s’égarer dans des eaux étrangères, mais elles ont été retirées au cours de la nuit précédente. Ce sont vingt-cinq marqueurs flottants qui ont été touchés par la manœuvre, selon un communiqué du Conseil de la police et des gardes-frontières (PPA).

"Cette année, la Russie a déclaré contester l'emplacement d'environ la moitié des bouées prévues", affirment les garde-côtes estoniens. "À trois heures du matin, nous avons vu les garde-côtes russes déplacer des bouées", ajoutent-ils. La Première ministre estonienne Kaja Kallas a réagi en évoquant un "incident frontalier", alors que la Lituanie et d'autres pays de la région entretiennent des relations tendues avec la Russie depuis son invasion de l'Ukraine. 

La Russie multiplie les incidents aux frontières pour susciter la peur et l'anxiété
Kaja Kallas, Première ministre de l'Estonie

Selon Mme Kallas, l'Estonie a contacté la Russie afin d'obtenir des explications sur ses actes. "Il s'agit d'un incident frontalier, dont nous sommes en train de clarifier les circonstances précises", a déclaré la ministre à la presse. "La Russie multiplie les incidents aux frontières pour susciter la peur et l'anxiété, afin de semer l'insécurité dans nos sociétés. Nous constatons une tendance générale en la matière", a-t-elle ajouté. 

Selon Tallinn (capitale de l'Estonie), ce n'est que depuis le début de la guerre en Ukraine, en février 2022, que Moscou a contesté l'emplacement des balises flottantes. Ce nouvel incident sur les eaux de la rivière Narva touche par ailleurs l’Union européenne, la limite entre l’Estonie et la Russie étant aussi une frontière de l’espace Schengen.


Axel JUIN

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