EN DIRECT - Guerre en Ukraine : sur fond de critiques, Kiev assure bâtir "des défenses efficaces"

Publié le 4 mars 2024 à 6h30, mis à jour le 4 mars 2024 à 21h52

Source : TF1 Info

La construction de fortifications face aux forces russes sur la ligne de front se fait "24h sur 24h, 7 jours sur 7", a assuré lundi le Premier ministre ukrainien, Denys Chmygal.
La polémique enfle après l'avancée rapide des forces de Moscou près d'Avdiïvka.
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LA FUITE ALLEMANDE EST UNE "TENTATIVE DES RUSSES POUR SEMER LA DISCORDE"

La diffusion sur les réseaux sociaux, depuis la Russie, d'échanges entre des officiers allemands sur des livraisons d'armes à Kiev, "est une tentative transparente des Russes pour semer la discorde" parmi les Occidentaux, a dénoncé lundi un porte-parole de la Maison Blanche. "Nous n'allons pas plier devant cette tentative (...) Nous travaillons tous ensemble pour essayer de soutenir l'Ukraine", a dit John Kirby.

PARIS DÉTAILLE SON AIDE MILITAIRE À L'UKRAINE

La France a livré à l'Ukraine un total de 2,6 milliards d'euros d'équipements militaires depuis 2022, a affirmé lundi sur X (ex-Twitter) le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, en détaillant ces matériels, alors que Paris est régulièrement accusé d'en faire moins que d'autres alliés de Kiev.


Dans un accord de sécurité signé avec l'Ukraine le 16 février, Paris s'est en outre engagé à fournir en 2024 "jusqu’à 3 milliards d'euros" d'aide militaire "supplémentaire" à Kiev. Selon le Kiel Institute, qui la place à la 16e place de son classement, la France a promis 640 millions d'aide militaire contre 17,7 milliards d'euros côté allemand. Les données ont été arrêtées au 15 janvier, soit avant les dernières annonces françaises.


Outre les 2,615 milliards d'euros d'équipements livrés et les 3 milliards maximum promis en 2024, la France contribue à hauteur de 1,2 milliard d'euros à la Facilité européenne pour la paix (FEP), créée par Bruxelles pour financer des fournitures d'armes à l'Ukraine et des missions à l'étranger. Paris reproche au Kiel Institute de ne pas tenir compte à cet apport dans son classement, ni de valoriser le fait que la France livre des "capacités complètes", c'est-à-dire des équipements avec leurs munitions, entretien et formation.


"La France a fait le choix de l’efficacité opérationnelle pour son aide militaire à l'Ukraine: promettre ce qu’on peut livrer, livrer ce qu’on peut promettre", a souligné Sébastien Lecornu, en allusion à des promesses non tenues ou des livraisons de matériel défectueux par d'autres partenaires d l'Ukraine.

UNE ENQUÊTE OUVERTE POUR LE "SABOTAGE" D'UN PONT FERROVIAIRE RUSSE

Les services de sécurité russes (FSB) dans la région éloignée de Samara, cités par l'agence de presse russe Ria Novosti, ont indiqué lundi avoir ouvert une enquête pour "sabotage" en "groupe organisé", après l'attaque d'un pont ferroviaire au-dessus de la rivière Tchapaïevka, revendiquée par le renseignement militaire ukrainien (GUR), à plus de 750 km de la frontière ukrainienne.


Selon eux, "le pont a été inspecté et la ligne a été jugée comme non endommagée et utilisable". "Le trafic ferroviaire a été rétabli", a assuré cette source russe, alors que le GUR indiquait plus tôt dans la journée que cette action ralentissait le transport de matériel militaire pour les troupes russes, estimant que l'infrastructure, "rendue inutilisable", serait hors service pour "un long moment". 

KIEV DIT BÂTIR DES DÉFENSES "EFFICACES" SUR FOND DE CRITIQUES

La construction de fortifications face aux forces russes sur la ligne de front se fait "24h sur 24h, 7 jours sur 7", a assuré lundi le Premier ministre ukrainien, Denys Chmygal. "Je sais que le ministère de la Défense a un plan global pour créer des lignes complètes de fortifications". Des critiques sur la faiblesse des lignes de défense ukrainiennes, voire leur absence, sont apparues après l'avancée rapide des forces de Moscou à l'ouest de la ville d'Avdiivka, dans la foulée de la chute de cette localité mi-février.


"Depuis l'année dernière, le ministère de la Défense et l'état-major disposent de fonds suffisants pour construire des fortifications défensives efficaces sur les première et deuxième lignes", a-t-il affirmé.

VERS UNE ENQUÊTE INTERNATIONALE SUR LA MORT D'ALEXEÏ NAVALNY ?

Un total de 43 pays, dont les États-Unis, l'Union européenne et le Royaume-Uni, ont lancé lundi un appel commun pour une enquête internationale sur la mort de l'opposant Alexeï Navalny lors de sa détention en Russie. "Nous sommes indignés par la mort du politicien d'opposition Alexeï Navalny, dont la responsabilité ultime incombe au président (russe Vladimir) Poutine et aux autorités russes", a déclaré l'ambassadrice de l'UE, Lotte Knudsen, devant le Conseil des droits de l'homme à Genève, s'exprimant au nom des 43 pays.

L'ALBANIE INAUGURE UNE BASE PRÈS DE L'ANCIENNE "VILLE DE STALINE"

L'Albanie a inauguré lundi une base aérienne rénovée et modernisée avec des fonds de l'Otan, qui marque ainsi son empreinte dans une région secouée par l'invasion russe de l'Ukraine il y a deux ans. Cette installation qui servira de "base aérienne tactique de l'Otan", a été bâtie sur l'emplacement d'une ancienne base construite dans les années 1950 avec le soutien de l'Union soviétique, près de "la ville de Staline", qui a retrouvé son ancien nom, Kuçova, 33 ans après la chute du régime communiste.


Présent à la cérémonie inaugurale, le Premier ministre albanais, Edi Rama, a souligné l'importance cette base qui "dépasse les frontières de l'Albanie", dans l'actuel moment géopolitique. Elle "constitue un élément supplémentaire de sécurité pour notre région des Balkans occidentaux, qui n'est pas loin, nous le savons, de la menace et des ambitions néo-impérialistes de la Fédération russe."

LE BLOCUS POLONAIS N'IMPACTE PAS LES LIVRAISONS D'ARMES

Le Premier ministre ukrainien, Denys Chmygal, a affirmé lundi que les livraisons d'armements, cruciales pour Kiev, n'étaient pas impactées par le blocus organisé depuis des semaines à la frontière par les agriculteurs polonais. Ces agriculteurs bloquent des points de passage frontaliers et des routes pour dénoncer la concurrence selon eux déloyale des fermiers ukrainiens, qui bénéficient d'un assouplissement des règles douanières de l'Union européenne en raison de l'invasion russe.


"Malgré les protestations des routiers et des agriculteurs polonais, il n'y a eu aucun cas de blocage de livraison d'armes et d'équipements militaires, d'aide humanitaire ou de carburant à l'Ukraine", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse. Selon lui, ces livraisons occidentales, essentielles pour l'effort de guerre de Kiev face à la Russie, "sont acheminées vers l'Ukraine sans entrave".

DES SANCTIONS POUR LES PRODUITS AGRICOLES RUSSES ?

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a annoncé lundi que la Pologne réclamera à la Commission européenne des "sanctions complètes" sur les produits agricoles et alimentaires russes et biélorusses, au moment où l'UE est secouée par des protestations des agriculteurs. "Je préférerais que l'ensemble de l'Union européenne décide de sanctions contre la Russie et le Belarus en ce qui concerne les produits alimentaires et agricoles", a-t-il affirmé à la presse à Vilnius. Selon lui, une décision commune de l'UE serait "plus efficace" que des décisions individuelles prises par ses États membres.

KIEV PRESSE POUR LE TRANSFERT DES ACTIFS RUSSES

Le Premier ministre ukrainien, Denys Chmygal, a pressé lundi les Occidentaux de transférer à Kiev les 300 milliards d'euros d'actifs russes gelés afin d'éviter que des élections dans des pays alliés affectent le soutien à l'Ukraine face à l'invasion de Moscou. "L'aide de nos partenaires est un outil extrêmement important, mais nous avons besoin de prévisibilité et de stabilité indépendamment du temps, des fluctuations politiques, des cycles électoraux qui auront lieu dans le monde", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. 


Des dizaines d'élections étant prévues cette années dans des pays alliés de Kiev, y compris aux Etats-Unis, son soutien clé, l'incertitude sur la poursuite d'aide qu'elles entrainent "représente un grand stress pour nos partenaires comme pour nous", a-t-il concédé. Or "la confiscation des actifs russes devrait devenir une source fiable de soutien pour notre État et pour financer notre reconstruction."

ESPIONNAGE

Le gouvernement allemand a démenti lundi la convocation de son ambassadeur à Moscou au ministère russe des Affaires étrangères, après la diffusion d'échanges confidentiels entre plusieurs officiers allemands sur des livraisons d'armes à l'Ukraine. "Notre ambassadeur avait ce matin un rendez-vous prévu de longue date au ministère russe des Affaires étrangères", a déclaré à la presse un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Christian Wagner, interrogé sur le fait de savoir s'il avait été ou non convoqué.

SABOTAGE

Le renseignement militaire ukrainien (GUR) revendique un sabotage sur le sol russe. Le GUR a affirmé lundi avoir endommagé un pont ferroviaire dans la région russe de Samara (Volga), à plus de 750 km de la frontière ukrainienne, assurant que cette action ralentissait le transport de matériel militaire.


"Le GUR confirme que le pont-rail au-dessus de la rivière Tchapaïevka, dans la région russe de Samara, a été rendu inutilisable", a indiqué cette source, précisant que le pont avait été endommagé vers 06H00 locales (02H00 GMT) par "la détonation" d'une partie de sa structure.


"Cette ligne ferroviaire était utilisée par l'Etat agresseur pour transporter du matériel militaire, notamment des explosifs produits dans l'usine Polimer de la ville de Tchapaïevsk", poursuit le GUR dans un communiqué, en estimant que le pont sera hors service pour "un long moment".

SUR LA LIGNE DE FRONT

Une équipe de LCI a pu se rendre aux abords d'Avdiivka, dans l'Est de l'Ukraine, où l'armée construit de nouvelles tranchées.

FUITE DANS L'ARMEE ALLEMANDE

Le Kremlin a dénoncé lundi "l'implication directe" de l'Occident en Ukraine, après la diffusion sur les réseaux sociaux depuis la Russie, d'échanges présumés entre plusieurs officiers allemands sur des livraisons d'armes à l'Ukraine.


Ces échanges, dont l'authenticité a été confirmée par Berlin, montrent "une fois de plus l'implication directe de l'Occident collectif dans le conflit en Ukraine", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.


"L'enregistrement lui-même témoigne qu'au sein de la Bundeswehr, on discute de manière détaillée et concrète de projets d'effectuer des frappes contre le territoire russe", a-t-il estimé. "Tout est plus qu'évident", a-t-il souligné.

ESPIONNAGE

L'ambassadeur d'Allemagne en Russie a été convoqué lundi au ministère russe des Affaires étrangères, après la diffusion sur les réseaux sociaux d'échanges présumés entre plusieurs officiers allemands sur des livraisons d'armes à l'Ukraine. L'ambassadeur Alexander Graf Lambsdorff est arrivé lundi matin au ministère, sans faire de commentaires aux journalistes, ont rapporté les agences de presse russes. 


Un enregistrement audio d'une réunion en visioconférence d'officiers de haut rangs allemands avait été diffusé vendredi sur les réseaux sociaux depuis la Russie. Dans cette conversation, les participants parlent notamment de l'hypothèse de la livraison à Kiev de missiles de longue portée Taurus, de fabrication allemande, de ce qui serait nécessaire pour permettre aux forces ukrainiennes de les utiliser et de leur impact éventuel.

LE POINT SUR LA SITUATION

  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé dimanche le monde à aider Kiev à triompher du "mal russe", alors que le bilan d'une attaque de drone sur la ville portuaire d'Odessa s'est alourdi à douze morts.


  • La frappe sur un immeuble d'habitation de la ville, tôt samedi matin, a partiellement détruit plusieurs étages. L'attaque a notamment tué cinq enfants, dont deux bébés de moins d'un an, selon les déclarations de Volodymyr Zelensky et du gouverneur de la région. Dimanche soir, plus de 36 heures après l'attentat, les sauveteurs continuaient à fouiller les décombres, bien que M. Zelensky ait indiqué que les opérations de recherche et de sauvetage avaient été interrompues.


  • "Depuis le début de février, la Russie a perdu 15 avions militaires", a annoncé le président ukrainien dimanche soir durant son allocution quotidienne. Il a réitéré son appel pressant aux alliés occidentaux d’accélérer la fourniture d’armes et de munitions à Kiev.


  • L'Allemagne a accusé dimanche Vladimir Poutine de chercher à la "déstabiliser" par une guerre de l'information avec l'espionnage d'échanges militaires confidentiels sur l'Ukraine, au moment où le chancelier est sous pression pour livrer des missiles à Kiev. La diffusion vendredi sur les réseaux sociaux depuis la Russie de l'enregistrement audio d'une visioconférence récente entre officiers allemands de haut rang au sujet des livraisons d'armes à l'Ukraine a provoqué une crise entre les deux pays et un choc à Berlin.


  • Selon le ministère de la défense britannique, le mois de février a été le plus lourd sur le plan humain pour Moscou avec 983 morts et blessés par jour en moyenne. Il y a un an, ce nombre était évalué à 770. Londres considère qu’il est très probable que plus de 355 000 Russes aient été tués et blessés depuis 2022.

EN DIRECT

Bonjour et bienvenue sur ce direct consacré à la situation en Ukraine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé dimanche le monde à aider Kiev à triompher du "mal russe", alors que le bilan d'une attaque de drone sur la ville portuaire d'Odessa s'est alourdi à douze morts. La frappe sur un immeuble d'habitation de la ville, tôt samedi matin, a partiellement détruit plusieurs étages.

L'attaque a notamment tué cinq enfants, dont deux bébés de moins d'un an, selon les déclarations de M. Zelensky et du gouverneur de la région. 

Samedi, Volodymyr Zelensky avait fustigé dans son allocution quotidienne la "terreur" russe qui "vise exclusivement à détruire des vies, à intimider". Il avait parallèlement de nouveau réclamé aux alliés occidentaux de Kiev de livrer davantage, et plus rapidement, des munitions - dont Kiev manque cruellement -, des systèmes de défense anti-aérienne et des avions de combat pour repousser l'armée russe. Il a estimé que la frappe sur Odessa soulignait l'importance de soutenir son pays.

En raison du blocage persistant aux États-Unis d'un programme d'aide de 60 milliards de dollars, Kiev est confronté à une pénurie de munitions. "Nous attendons des fournitures qui nous sont vitales, nous attendons, en particulier, une solution américaine", a déclaré M. Zelensky dimanche soir dans son adresse quotidienne. "La Russie a perdu quinze avions militaires depuis le début du mois de février", a-t-il ajouté. "Plus nous aurons l'occasion d'abattre des avions russes, plus nous sauverons de vies ukrainiennes".


La rédaction de TF1info

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