DOCUMENT LCI - Guerre en Ukraine : après 18 mois aux mains des Russes, Sasha et Youri réapprennent la liberté à Kiev

par F.Se | Reportage : Charline Hurel, Camille Souhaut et Anton Bondarenko
Publié le 26 février 2024 à 14h52

Source : TF1 Info

Une équipe de LCI a pu rencontrer de jeunes Ukrainiens libérés des prisons russes.
Détenus dans des conditions exécrables, ils sont désormais suivis dans un hôpital de Kiev.
Encore désorientés, ils réapprennent ensemble à vivre librement.

Le regard est fier, la voix ne tremble pas. Sasha et ses compagnons de captivité venaient tout juste d'être libérés quand ils ont filmé cette séquence les montrant drapeaux ukrainiens en main, et chantant leur amour de la patrie. C'est trois semaines plus tard que notre équipe a pu rencontrer ce jeune homme souriant, enfin libre d'arborer ses couleurs, dans les rues de Kiev. 

"Entendre parler l'ukrainien, c'est ça le plus important", témoigne-t-il dans le reportage ci-dessus. Parler sa langue lui était interdit, pendant les plus dedix-huit mois qu'il a passés dans les prisons russes. Dans l'hôpital de la capitale, où il est désormais suivi, il partage sa chambre avec d'anciens codétenus. Une bulle dans laquelle ils évoquent leurs envies et leurs angoisses. 

On inventait même des recettes de sucreries, que franchement personne ne mangerait jamais
Youri

Submergé d'émotion, l'un d'eux confie la peur qu'il avait d'oublier même le son de la voix de ses parents. Sasha a pris le jeune Youri sous son aile. Celui-ci se souvient d'un codétenu qui était arrivé en prison porteur d'un écusson ukrainien. "Ils le lui ont fait avaler, il n'a pas pu, parce qu'il y avait un scratch", raconte-t-il. Pour survivre à l'horreur de la détention, les jeunes prisonniers se réfugiaient dans l'imaginaire. "On inventait même des recettes de sucreries, que franchement personne ne mangerait jamais", sourit Youri. 

Il se souvient aussi de rares plaisirs qui les arrachaient au quotidien : "Le luxe, c'est quand ils nous donnaient du savon parfumé, à la fraise ou à la pomme, on le coupait en morceaux, on l'économisait". Certains improvisaient même un parfum en le coupant avec de l'eau. Les jeunes hommes se promènent aujourd'hui à Kiev, et relèvent la tête. "Tu te sens libre, tu peux regarder tout le monde, tu n'es plus obligé de regarder tes pieds". Dans les boutiques, ils se ruent sur les bouteilles de parfums, à la recherche des fragrances qu'ils imaginaient en prison. Les odeurs subtiles des flacons chics les déstabilisent. C'est un des nombreux pas qu'ils devront effectuer, pour réapprendre à vivre loin des geôles russes.


F.Se | Reportage : Charline Hurel, Camille Souhaut et Anton Bondarenko

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