Samedi 4 février, Benjamin Netanyahu a annoncé sur LCI qu'il réfléchissait à livrer un "Dôme de fer" au régime ukrainien.
Présent depuis 2010-2011 en Israël, ce système affiche de solides performances face aux roquettes, missiles et drones.
Rien n'est encore acté sur une telle livraison, le coût de l'installation - comme son utilisation - étant exorbitant.

Plus qu'un symbole. Samedi 4 février, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé, dans un entretien exclusif accordé à TF1-LCI, qu'il réfléchissait actuellement à livrer un "Dôme de fer" à l'Ukraine, déployé depuis le début des années 2010 et qui couvre, aujourd'hui, la quasi-intégralité du ciel d'Israël pour contrer les roquettes lancées vers son territoire depuis Gaza, le Liban ou la Syrie.

Concrètement, le "Dôme de fer" est une batterie de missile portable. Chaque dispositif comprend un radar de détection et de pistage, un logiciel de contrôle de tir et trois lanceurs équipés chacun de 20 missiles d'interception. Le système permet, en théorie, d'abattre en vol des engins d'une portée de 4 à 70 km. Le système est, surtout, destiné à contrer les projectiles de courte et de moyenne portée - roquettes, obus d'artillerie - visant les zones habitées. En mars 2021, Israël a dévoilé la nouvelle version qui peut désormais intercepter "simultanément" roquettes, missiles et drones, selon l'État hébreu.

Bien qu'Israël parvienne, selon ses déclarations, à abattre jusqu'à 96% des roquettes, le bouclier n'est pas totalement hermétique. En 2012, l'armée israélienne avait avancé un taux d'efficacité de l'ordre de 85%. Depuis, aucune annonce sur ce sujet n'a été faite. Néanmoins, dans les faits, le bouclier anti-missiles a, en plus de dix ans d'utilisation - intercepté et détruit plusieurs milliers de roquettes, en provenance principalement de l'enclave de Gaza

Le "Dôme de fer" n'est pas encore en mesure de stopper la course des ballons incendiaires ou des projectiles lancés à très basse altitude. En revanche, depuis plusieurs années, le régime israélien multiplie les interceptions de drones. Une compétence qui pourrait s'avérer très utile sur le champ de guerre ukrainien, alors que le pays est régulièrement touché par des drones kamikazes, de fabrication iranienne.

Un coût exorbitant

Développé par le groupe d'armement public Rafael Defense Systems basé à Haïfa (nord d'Israël), le "Dôme de Fer" est financé en partie par les États-Unis. Depuis sa mise en place en 2010-2011, le système a été exporté dans plusieurs pays comme l'Azerbaïdjan, l'Inde, la Roumanie et même les États-Unis, qui développent désormais leur propre système. 

Chaque tir de batterie coûte à environ 50.000 dollars (environ 41.000 d'euros), selon les médias. La mise en place du système, décidée en 2005, avait d'ailleurs été retardée pour mieux former le personnel, mais aussi parce qu'il semblait exagérément cher. Une station entière, elle, coûte entre 37 et 50 millions de dollars, selon le nombre de missiles contenus dans la batterie. À ce jour, Israël a déployé dix stations mobiles sur un objectif affiché de 15. 

Si la piste d'une livraison du "Dôme de fer" est ouverte, elle n'est pour autant pas privilégiée par rapport à d'autres formes d'aides. "On va regarder ce qui est disponible, notre politique et nos intérêts dans la région. La contribution d’Israël sera peut-être sur d’autres domaines", a assuré le chef du gouvernement israélien sur TF1-LCI. "Nous étudions cette question en fonction de notre intérêt national, nous avons d’autres considérations. Notamment la très grande proximité opérationnelle entre l’armée de l’air israélienne et l’armée de l’air russe", a-t-il rappelé, évoquant la Syrie. 


Benoît LEROY avec AFP

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