"Cibler ces jeunes est cruel" : Trump supprime les aides aux sans-papiers et Obama réagit

La rédaction de LCI
Publié le 6 septembre 2017 à 8h58
"Cibler ces jeunes est cruel" : Trump supprime les aides aux sans-papiers et Obama réagit

Source : NICHOLAS KAMM / AFP

L'essentiel

ÉTATS-UNIS - Donald Trump a mis fin mardi au programme de son prédécesseur Barack Obama qui a permis à des centaines de milliers de jeunes sans-papiers, surnommés "Dreamers", de rester aux Etats-Unis. Une décision qui a provoqué de vives réactions dans le monde politique et économique.

C’est la décision qui l’a fait sortir de son silence. Barack Obama a pris la parole, mardi sur sa page Facdebook, pour dénoncer la suppression par Donald Trump du programme de protection des jeunes sans-papiers, que son prédécesseur avait mis en place. "C’est contre-productif et c’est cruel", a indiqué l'ancien président sur le réseau social. 

"Il s’agit de jeunes gens qui ont grandi en Amérique, d’enfants qui étudient dans nos écoles, de jeunes adultes qui débutent leur vie professionnelle, de patriotes qui s’engagent à respecter notre drapeau", a-t-il souligné dans un communiqué, défendant ce programme qu’il avait mis en place en 2012, par décret. "Cibler ces jeunes est faux, car ils n'ont rien fait de mal. Il est auto-déchu - parce qu'ils veulent créer de nouvelles entreprises, collaborer avec nos laboratoires, servir dans notre armée et contribuer autrement au pays que nous aimons. Et c'est cruel.  (...) In fine, c'est une question de décence élémentaire. Il s'agit de savoir qui nous sommes et qui nous souhaitons être", a-t-il lancé.

Un sort désormais incertain

Donald Trump a mis fin mardi au programme de son prédécesseur Barack Obama qui a permis à des centaines de milliers de jeunes sans-papiers de rester aux Etats-Unis. La décision a provoqué de vives réactions dans le monde politique et économique. Le sort des quelque 800.000 "Dreamers" ("rêveurs"), qui bénéficient actuellement d'un statut temporaire leur permettant d'étudier et de travailler, est désormais extrêmement incertain.

La Maison Blanche a appelé le Congrès à légiférer dans les six mois mais un compromis sur l'immigration, sujet qui divise Washington depuis des décennies, est loin d'être acquis. Donald Trump a insisté dans un communiqué sur la nécessité de donner "la priorité" aux travailleurs américains, thématique centrale de sa campagne électorale. Assurant quelques heures plus tard depuis le Bureau ovale qu'il avait "beaucoup d'amour" pour ces jeunes, il a renvoyé la balle dans le camp du Congrès.

A compter de ce jour, aucune nouvelle demande ne sera examinée. Les permis existants, qui portent sur une durée de deux ans, resteront en revanche valables jusqu'à leur expiration, date à laquelle leurs détenteurs n'auront plus le droit de travailler et pourront théoriquement être expulsés.

La lettre d'Obama à TrumpSource : Sujet JT LCI
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"Un recul pour le pays tout entier"

Le Mexique, dont est originaire l'écrasante majorité des enfants et jeunes adultes concernés, a exprimé sa vive inquiétude, réclamant une solution "rapide" pour mettre fin à l'incertitude juridique dans laquelle ces derniers se trouveront dans les mois à venir.

"C'est une triste journée pour notre pays", a lancé Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook. Microsoft a dit être déçu par cette décision qu'il considère comme "un recul pour le pays tout entier". Barack Obama avait mis en place en 2012 par décret le programme Daca (Deferred Action for Childhood Arrivals) afin de faire sortir de l'ombre les enfants arrivés illégalement aux Etats-Unis avec leurs parents, pour la plupart en provenance d'Amérique latine. 

Dénonçant la décision prise de manière "unilatérale" par l'ancien président démocrate, le ministre de la Justice Jeff Sessions a estimé mardi qu'elle avait en particulier "privé d'emploi des centaines de milliers d'Américains en permettant que ces emplois soient occupés par des immigrants clandestins".

"Nous ne pouvons accepter tous ceux qui voudraient venir ici, c'est aussi simple que cela", a-t-il déclaré. Une grande partie du monde des affaires, en particulier dans la Silicon Valley, était vent debout contre une remise en cause de ce décret qui offre aux jeunes arrivés sur le territoire américain avant 16 ans et n'ayant pas d'antécédents judiciaires l'équivalent d'un permis de séjour d'une validité de deux ans, renouvelable.


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